De deux maux, faut-il vraiment choisir le moindre ?

Il semble que l’actualité internationale nous réponde par un non sans appel, du moins s’il s’agit bien de prendre en compte la taille des maux en question !

 

J’ai déjà constaté (à mes dépends) qu’une petite araignée pouvait s’avérer bien plus féroce qu’un grand kangourou (cf. news du 15/02). Celle-ci reste pourtant de bien meilleure compagnie que l’infime mais terrifiant coronavirus !

Et oui, voilà que moi aussi je cède à l’inquiétude ambiante, en suivant jour après jour, comme beaucoup, le développement de la nouvelle menace du moment : le covid 19 ! (Y en a-t-il eu, comme disait Prévert à propos des rois de France, 18 autres avant lui, dont on nous aurait caché l’existence ?) Quoi qu’il en soit, l’évolution de ce terrible mal frappe nécessairement les esprits. Cela, je le comprends. Ce qui m’interroge davantage, en revanche, ce sont certains corollaires en lien avec ce mal. Action, réaction. Et justement, nos réactions sont parfois étonnantes.

 

 

The toilet paper panic

Pouvait-on imaginer que, par crainte de… au fait, de quoi au juste ? les commerces australiens verraient leurs rayons vidés de tous leurs stocks de papier hygiénique ? Que des personnes en viendraient aux mains pour assurer le confort et l’hygiène de leurs fesses ?

Mais pourquoi le papier toilette ? Voici soudain cet accessoire, ô combien anodin de nos foyers, porté au rang de ressource essentielle ! Nos amis italiens, hélas eux-mêmes durement touchés par l’épidémie en cours, doivent n’y rien comprendre, eux qui, depuis des siècles et en dépit de l’incompréhension de leurs voisins européens, préconisent si justement l’usage bien plus hygiénique du bidet !

 

 

Jacques Chirac doit se retourner dans sa tombe

Comment ne pas évoquer notre ancien et défunt président (paix à son âme) lorsque l’on apprend que les ventes de bière de la marque Corona, la boisson aux couleurs mexicaines que goûtait tant, paraît-il, notre homme d’État, seraient en chute libre !? Les intentions d’achat pour cette marque, de la part des seuls Français (mais cela est aussi avéré dans d’autres pays, dont les USA), auraient été divisées par 8, tandis que les recherches sur internet à propos du « Virus de la bière » auraient, elles, grimpé en flèche ! Me voilà convaincu : mieux vaut boire pour oublier !

 

 

Et à propos d’oubli…

Compte tenu d’une telle rationalité ambiante, je suis surpris que les théoriciens du complot ne se soient pas encore emparés de notre Covid 19 !

L’apparition du méchant virus a en effet pour principale conséquence de faire passer au second rang (autrement dit, en langage non journalistique, de « faire oublier ») les autres préoccupations et menaces du moment, pourtant probablement pas moins terribles que le virus.

Oubliées, les inégalités sociales qui s’accroissent quasiment partout ; oubliés, ici en Australie, les incendies et le réchauffement climatique. Des drames devenus si anodins en comparaison du risque épidémique, qu’ils disparaissent d’un coup de notre champ de préoccupations. « Allons, cela a forcément été organisé » ; « Une affaire montée de toutes pièces »… doivent déjà se dire les anticomplotistes de tous poils.

A défaut de complot, il y a tout de même la triste réalité, qu’il serait justement bon de ne pas oublier. Pour exemple, les récents feux en Australie ont dégagé la bagatelle de 900 millions de tonnes de CO². Autrement dit, l’équivalent en cinq mois, de deux années pleines d’émissions de carbone par le pays tout entier. Ou encore, l’équivalent des émissions de l’industrie aérienne mondiale ! Sans compter les milliards d’arbres brûlés qui ne seront plus là pour consommer cet excédent, ni l’alerte lancée il y a peu par les scientifiques à propos d’une aggravation inéluctable de la sécheresse sur tout le territoire durant les années à venir, si le gouvernement ne change pas immédiatement de politique environnementale.

Mais, d’un point de vue politique, il semble que la considération première soit… l’économie et que les réponses se fassent en conséquence. Coronavirus, grèves sociales, environnement mis à mal… cela coûte cher à nos sociétés. Ne faut-il pas faire des choix ? Assurer avant tout le maintien de la croissance et des emplois ? Les marchés et les monnaies sont mis à mal. Peut-on laisser se réinstaller une crise financière comme celle de 2008 ? Voilà bien la seule question capable de voler sa première place au Covid 19 dans nos prochaines actualités.

 

 

De l’effet du Coronavirus sur le prix de la langouste

Les Tasmaniens ont trouvé une raison de se réjouir des effets du virus. Une spécialité des pêcheurs de ce pays est depuis longtemps la langouste. Or, je me rappelle que lors de mon précédent séjour, il y a cinq ans, les Tasmaniens se plaignaient de ne pouvoir en manger, du fait du prix bien trop prohibitif du célèbre crustacé décapode ! La raison ? Le marché chinois qui avait depuis une bonne décennie accaparé la quasi-totalité de la production. Mais, avec le covid-19, la donne a changé : plus de transports commerciaux avec la Chine ! Résultat : la langouste tasmanienne peut rester en Tasmanie et réapparaître à des prix bien plus raisonnables sur les cartes des restaurateurs.

La seule pour laquelle cette épidémie n’aura rien changé, c’est bien sûr la langouste elle-même.

 

 

Un coronavirus pour mieux respirer

Restons en Chine, foyer initial de l’épidémie, où il semble que les choses vont plutôt mieux, tant pour les Chinois que pour leurs proches voisins ! En effet, les mesures prises pour limiter les cas de contamination ont entraîné une forte réduction, voire la fermeture de nombreuses usines sur tout le territoire. Résultat : l’air n’a jamais été aussi pur, depuis des décennies, au-dessus d’une large partie de l’Asie ! Ainsi, ceux qui réchapperont du virus, auront le bonheur de retrouver le goût de respirer. De là à passer vos prochaines vacances  dans le Pays du Milieu ?

Ce corollaire à l’épidémie éclaire d’un jour intéressant les propos du Prince Philip qui a déclaré (et écrit) : « In the event that I am reincarnated, I would like to return as a deadly virus, in order to contribute something to solve overpopulation ». Dès lors, je m’interroge une fois de plus : le covid-19 serait-il une arme secrète des écofondamentalistes dont je décrivais les effrayantes prises de position dans Environnement Mortel (Ed du Rouergue).

 

 

Soyons rassurés : D Trump veille sur nous

Que toute cette histoire ne nous inquiète pas davantage ! Des personnages aussi sérieux et importants que le Prince Philip veillent sur nous, pauvre population sans défense. Je pense en particulier au plus puissant d’entre eux (je dis cela pour le flatter, au cas (fort peu probable il est vrai) où il me lirait) : Donald Trump. Nous pouvons, soyez-en certain, compter sur lui pour mettre en œuvre tous les moyens qui permettront à l’humanité de sortir de cette épreuve plus forte et plus solidaire que jamais. Le pire serait en effet qu’un tel homme décide de fermer les frontières de son territoire à d’autres pays, mais pas à tous ! Non seulement cette décision serait de fait absurde (du point de vue de la lutte contre l’épidémie) mais cela ne ferait surtout que diviser les États entre eux et démontrerait une arrogance et un mépris incompatibles avec la situation. Heureusement, cette sotte idée relève de la plus mauvaise fiction.

(Non ? Il l’a vraiment fait ? Pour protéger l’économie de son pays ? Décidément, Trump m’évoque davantage Oncle Picsou que Donald, et ses desseins ne semblent pas animés que de bonnes intentions.)

 

 

Pour conclure ce billet aux tournures interrogatives, je laisse la parole à un autre Marx, hélas bien moins amusant que Groucho (cf. billet du 10/03), selon lequel :

 

« La monnaie n’est qu’un outil et non une fin en soi, et la véritable richesse réside dans le partage et non dans l’accumulation »… même de papier toilette !

Publié le 12/03/2020
De la présence des chiens au pays d'Oz

En dépit de son titre, cette news n’entend pas vous relater la « bio » de Toto, le joli Cairn Terrier qui accompagne l’héroïne du fabuleux Magicien d’Oz, mais simplement évoquer une courte réflexion à propos des chiens de compagnie (ou de travail) en Australie.

 

Certains d’entre vous ont remarqué (après avoir lu Le chant des galahs) que dans presque tous mes récents ouvrages, un animal est présent autour des personnages principaux. Il s’agit du chien. Héroïque dans La dernière course ou dans Mush l’incroyable odyssée (histoires vraies) ; plus clownesque dans Les Onze orphelins de Mme Li ; inquiétant dans Le chant des galahs

J’avoue avoir une grande affection pour cet animal dont des spécimens très différents (en taille et en caractère) m’ont accompagné tout au long de ma vie. A la disparition du dernier en date (une merveilleuse Cairn Terrier (elle aussi) au doux nom de Sweety) et avec ma décision de ne pas le remplacer (Paris n’est pas un endroit conçu pour rendre les chiens heureux (pour les humains, je m’interroge encore), il est possible que le « manque » qui en a résulté, m’ait inconsciemment poussé à les faire revivre dans mes récits.

Toutefois, le seul endroit (en plus de Paris) où leur présence me paraît incongrue est… l’Australie ! Je découvre avec stupeur qu’au fil des années, ces chers canidés envahissent les villes et les campagnes australiennes. (Phénomène déjà observé lors de mes derniers voyages en Chine où, à l’instar du Japon, ceux-ci sont en plus teints en rose ou en bleu, et habillés de costumes aussi absurdes que l’esprit de leurs maîtres semble troublé).

Pour rester Down-under, il apparait que chacun ici ressente la nécessité de « posséder » un compagnon à quatre pattes, quand ce n’est pas une demi-douzaine ! L’ennui, c’est qu’une fois de plus, ce sont les animaux natifs qui souffrent le plus de cette présence. Difficile, désormais, de pouvoir admirer dans son jardin un bobtail (malgré son nom, il ne s’agit pas d’un chien mais d’un gros et sympathique lézard au nom latin de tiliqua rugosa) ou un blue tongue lizard (voir photo dans ma news du 4 mars). Quant aux pauvres et inoffensifs marsupiaux, ils n’ont qu’à bien se tenir !! En outre, il devient impossible de se déplacer en randonnée sans entendre en permanence les aboiements de tous ces chiens en alerte. Que devient, dès lors mon chant des galahs (certes pas très harmonieux, mais si symbolique du territoire) ou, mieux, celui des magpies (très doux, que j’aime particulièrement) ?

Pour conclure ce petit billet d’humeur, je préfère laisser la parole à Groucho Marx :

 

« Outside of a dog, a book is the best man’s friend. Inside a dog, it’s too dark to see anything. »

 

                   Bobtail                                                                              Magpie

Publié le 10/03/2020
Tasmanie, carnet de voyage

 

Toujours présent et mobile en Tasmanie du sud, je continue d'engranger "sans modération" images et souvenirs qui, je le pressens, viendront probablement nourrir un nouveau carnet de voyage comme celui déjà partagé avec vous (cf news du 23/12 : Voyage au pays d'Oz, portraits et anecdotes australiens) et consacré cette fois à la Tasmanie.

La faune devrait y tenir une place centrale. Pour preuve quelques portraits issus de mes rencontres de ces derniers jours : Lézard à langue bleue, Echidné et, bien sûr, la star locale : le Diable de Tasmanie. Pour faire bonne mesure et rappeler la présence en librairie depuis janvier dernier du Chant des galahs... une jolie photo d'un galah qui a bien voulu poser pour moi 

 

 

 

 

 

 

 

Publié le 04/03/2020
Quand l’économie se met au service de l’écologie

Après les dramatiques évènements climatiques que l’Australie vient de traverser…

  • 11 millions d’hectares incendiés
  • 20% des forêts partis en fumée
  • 75% des Australiens impactés directement ou indirectement (avec 30 morts et 3 millions de personnes évacuées dont les maisons ont été endommagées ou démolies)
  • plus d’un milliard d’animaux tués, de nombreux autres qui continuent de mourir de faim et de soif du fait de la destruction de leur habitat et qui ne pourront plus non plus se reproduire
  • augmentation des rejets carbone, et diminution des ressources (arbres) pour les absorber
  • réserves d’eau polluées
  • et maintenant inondations et cyclones

 

… il était temps d’apprendre une bonne nouvelle !

 

C’est aujourd’hui le cas avec l’annonce du retrait officiel par la société norvégienne Equinor de son projet de forage dans la Grande Baie Australienne.

 

Cette zone maritime, située au sud de l’Australie, est un véritable sanctuaire pour nombre d’espèces : le White belied sea eagle, l’albatros, les lions de mer, mais aussi des créatures d’une taille plus impressionnante encore, tel le (trop) célèbre grand requin blanc, le grand cachalot, ou les baleines franches australes qui viennent dans ces eaux pour y vêler.

 

Même si la décision du groupe norvégien n’est pas fondée sur des critères environnementalistes, mais bien plutôt sur la crainte d’un manque de rentabilité, elle n’en reste pas moins une excellente nouvelle. Cet abandon fait d’ailleurs suite à ceux de BP (2016) et de Chevron (2017) qui, eux aussi avaient pourtant facilement obtenu l’accord du gouvernement australien, mais avaient finalement craint un trop pauvre R.O.I. (return on investment).

 

Une nouvelle qui n’a pourtant pas réjoui tout le monde. Ainsi, la réaction de Keith Pitt, ministre australien des Ressources, jugeant la décision d’Equinor « extrêmement décevante, en particulier pour l’État d’Australie-Méridionale où le projet devait générer de nombreux emplois ». L’éternel chantage aux emplois que brandissent à l’envi les hommes politiques qui ne jurent que par la « croissance ». C’est à se demander si le gouvernement libéral de Scott Morrison a retenu quoi que ce soit des six mois de cauchemar que le pays vient de vivre et de la plus que difficile décennie qui s’annonce pour l’Australie.

Publié le 26/02/2020
Tasmanie... suite

Voici la maison dans laquelle je viens de séjourner, en plein centre de la Tasmanie et au milieu de nulle part (pas de "ville" à moins de 30 kilomètres). Où, pourtant, l'on peut déjà voir l'impact sur le paysage de la déforestation à outrance. Ledit paysage étant constitué avant cela de bush et de forêts, habitats de la flore et de la faune sauvage.

J'ai également pu constater la difficulté de randonner dans le "wild". Des fermiers s'approprient des centaines, voire des milliers d'hectares, qu'ils s'empressent de déboiser et de cloturer pour y faire paître des moutons, des vaches ou des chèvres, quand ce n'est pas pour y développer des cultures intensives. Je m'interroge sur ce que sera la Tasmanie dans quelques années, surtout après l'avoir vue tant changer en seulement cinq ans.

Pour en revenir aux araignées, et en particulier à la Huntsman qui a squatté mon véhicule pendant quelque temps, et sachant qu'en France cet archnide ne nous est guère familier, voici deux photos d'un spécimen identique tentant cette fois de s'infiltrer dans la maison (vue plus haut), tout en se cachant de moi. Pour rappel, elle est au moins aussi large que ma main. On peut comprendre qu'elle fasse impression .

 

Publié le 23/02/2020
Nouvelles depuis la Tasmanie

Il ne m'est hélas pas aussi facile de poster des nouvelles depuis ici qu'à Paris ! Du fait de la lenteur du débit et de la rareté des spots wifi.

Si je n'ai pas retrouvé la magie à laquelle je m'attendais sur Bruny Island, je garderai de ce séjour d'excellents souvenirs. La belle écriture de Karen Viggers avait sans doute largement contribué à cette magie et, entretemps, la "civilisation" (constructions de routes, de maisons...) n'a pas oeuvré dans le bon sens. En revanche, quel bonheur d'avoir pu bénéficier des connaissances affutées de l'équipe de naturalistes avec laquelle j'ai partagé quelques journées (et nuits) à l'observation de la faune sauvage de l'île, en particulier les marsupiaux et les oiseaux. Premiers Swift parrots (espèce en danger critique), premiers Eastern quolls... Mais aussi quelques "belles" araignées ! Une anecdote que je ne souhaite à personne de partager : l'entrée brutale depuis le toit de ma voiture, par la fenêtre, d'une araignée plus large que ma main ! Impossible de la faire ressortir : elle s'est empressée de se glisser dans un interstice sous un siège, puis de se dissimuler quelque part. La perspective de la voir jaillir à tout moment, surtout en conduisant, n'était guère rassurante. Heureusement, j'avais facilement reconnu une Huntsman, dont la taille est certes impressionnante, mais dont la morsure n'est pas mortelle (juste très douloureuse). Plusieurs jours sous tension sans pour autant la voir réapparaître et, aujourd'hui, je préfère imaginer qu'elle a abandonné le véhicule. Une araignée plus petite et que je n'ai pas eu le temps d'identifier, m'a, elle, mordu au talon, alors que je photographiais un magnifique spécimen d'échidné. Trouille (que cela puisse être plus "sérieux") et belle douleur garantie pendant deux jours et deux nuits. Après avoir également chassé de mon logis plusieurs de ces bestioles poilues au mordant fort désagréable, j'ai décidé de rebaptiser Bruny Island "Spider Island"

 D'une manière plus générale, les nouvelles australiennes sont meilleures à présent : les pluies nombreuses et violentes ont eu raison des derniers incendies non maîtrisés.

Le Victoria (dont Melbourne) subit toutefois de graves inondations, et les eaux dans le NSW (Sydney) sont très polluées par les cendres laissées par les incendies. Quant à la Tasmanie, dont le gouvernement semble totalement polarisé sur des objectifs de croissance économique par le tourisme, continue de subir des opérations de déforestation à n'en plus finir. C'est une horreur, et la lutte entre Verts et Industrie du bois en est repartie de plus belle. Il s'agit d'une atteinte extrêmement grave à une flore et une faune quasi uniques sur cette planète et qui font justement tout le charme de cette grande île.

A suivre...

Publié le 15/02/2020
Réédition en Poche de L'Affaire du cuisinier chinois

Depuis déjà quelques mois L'Affaire du cuisinier chinois, mon premier roman, était annoncé indisponible par l'éditeur (Rouergue). Celui-ci a décidé de le réimprimer... au format poche ! Cela nécessite la conception d'une nouvelle couverture (1ère et 4ème de couv), un  travail qui est désormais en cours. Selon l'éditeur, le roman sera de nouveau disponible à la vente à partir du mois d'avril 2020.

Publié le 13/02/2020
L'Australie n'en a pas fini avec les feux de forêt

Comme il était prévisible, puisque nous sommes désormais au coeur de l'été, la menace des incendies est toujours bien présente sur une bonne partie de l'Australie.

La Tasmanie, au climat particulièrement erratique (nuit à 9°, journées jusqu'à 40° puis chutant à 13°) est hélas tout aussi menacée, du fait notamment des importantes zones couvertes de forêts. Des feux viennent de se déclarer en plusieurs endroits de l'île, générant une évidente inquiétude. Les Tasmaniens ont tous en tête les feux dramatiques qui ont ravagé l'île à la même époque l'an dernier. Je me trouve précisément au coeur de cette zone (près de Geevestone, sud-ouest de l'île) et ai pu constater de visu l'étendue des dégâts au sein de cette grande région de forêts primaires parmi les rares subsistant sur notre planète. Si les fougères géantes ont déjà repris leur pousse, les arbres géants et millénaires, calcinés, ne reviendront jamais. Certains jugeront peut-être mon propos catastrophiste, considérant que "la nature repousse toujours" (sic!), mais je ne puis m'empêcher d'associer certaines réalités, comme les incidents climatiques et l'entreprise de déforestation toujours en cours sur l'île. J'ai, par exemple, eu la chance de passer du temps avec Yves (La Miellerie), un apiculteur français installé en Tasmanie depuis de nombreuses années, et qui produit des miels fabuleux (Leatherwood, Manuka, Blue gum...). Il m'a expliqué pourquoi il a baptisé son Leatherwood : L25. En 3 ans seulement, 2004, 2005, 2006, l'industrie du bois a détruit 25% des forêts primaires (vieilles de plusieurs millions d'année). Celles-ci sont (un peu) mieux protégées, mais pas contre les incendies. Et les autres forêts, tout aussi importantes pour la faune et la flore endémiques de l'île, continuent de subir des coupes en grand nombre. Par ailleurs, il s'agit là d'une "double peine", puisque les arbres détruits (et qui, s'ils ont brûlé, ont produit un large volume de gaz carbonique) ne seront plus là (au moins pendant plusieurs années) pour à nouveau consommer l'excédent de ce même gaz carbonique dans notre atmosphère !

 

Publié le 30/01/2020

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