Au Pays du Roi Morvan

Comme si souvent, en Bretagne, ce seul nom porte à rêver : le Pays du Roi Morvan.

C'est là que je devrais dédicacer quelques ouvrages lors du Salon du livre organisé les 23 et 24 janvier prochain. Journées précédées par deux autres (21 et 22) consacrées à des interventions dans les établissements scolaires de la région : magie des échanges avec des CM (Ecole de Séglien) et "sérieux" de celles avec les 6èmes du Collège Chateaubriand de Gourin puis les 5èmes du Collège JC Carré à Le Faouët.

 

C'est une joie pour moi de retrouver toute l'équipe du Centre pédagogique du Pays du Roi Morvan, avec laquelle j'avais déjà collaboré il y a deux ans.

 

L'évolution sanitaire dans notre pays n'est hélas guère optimiste et ne peut, à ce jour, garantir que ces événements auront bien lieu. Mais... croisons les doigts !  (ce qui n'est pas si pratique pour mettre un masque :)

 

Publié le 31/12/2020
En appeler à la responsabilité collective. Est-ce bien sérieux ?

En situation de crise, la tentation est grande pour les gouvernements des démocraties occidentales de faire appel à la responsabilité collective des citoyens. Serait-ce une façon de botter en touche lorsqu’il s’agit de trancher entre  le respect des libertés individuelles  et  l’efficacité de l’action collective ?

 

Il serait difficile, aujourd’hui, d’ignorer les fameux « gestes barrières » et/ou nier leur utilité face à la pandémie qui frappe la planète depuis un an. Pourtant, nous restons chaque jour témoins de comportements que l’on qualifierait volontiers d’irresponsables.

Cela nous avait frappés, il y a quelques mois, au temps où les bars étaient encore ouverts. Malgré les consignes, les terrasses étaient pleines de consommateurs collés les uns aux autres, buvant, criant et, surtout, échangeant leurs miasmes à pleine dose. Ce qui nous a valu :

- une forte reprise des contaminations

- la fermeture des bars, même ceux qui avaient respecté les consignes

- celle des restaurants, qui n’étaient pourtant pas en cause et avaient lourdement investi pour garantir de bonnes conditions d’accueil à leurs hôtes

- et un reconfinement général qui a lourdement grevé notre économie, épuisé le moral des Français, augmenté le nombre de drames familiaux et les faillites de petites entreprises.

 

Imaginant sans doute que cette dure leçon calmerait les esprits et suffirait à convaincre tout un chacun de l’utilité des masques, de la distanciation physique, du danger des regroupements en vase clos, de la nécessité de se laver constamment les mains, laisser aérer vêtements et appartements... le gouvernement a décrété (à juste titre) la fin du déconfinement, mais en faisant une fois de plus appel à la responsabilité de chacun (sous-entendu : à l’égard de la collectivité).

 

Il fallait s’y attendre, le besoin de « respirer » a de nouveau été le plus fort, renvoyant les masques dans leurs boîtes, et donnant lieu à des scènes incroyables de fêtes privées, dépassant parfois la centaine de personnes, au mépris de toute consigne sanitaire.

 

Notre gouvernement, qui tente « en même temps » de préserver la chèvre et le chou, a entendu ce message d’une minorité à vouloir« faire la fête », « s’éclater » quel qu’en soit le prix à payer, pour soi et pour les autres. Mais il semble impuissant à lui apporter une réponse. Au moins essaie-t-il de limiter un peu les dégâts en imposant le couvre-feu pour le dernier soir de l’année, celui de tous les dangers. En attendant que la vaccination soit lancée et ait, possiblement, démontré son efficacité à immuniser la population sur le long terme, chacun semble donc résigné à devoir mener une vie en forme de « montagnes russes », de vague en vague, de confinement en confinement.

 

L’Australie est un autre bel exemple de ce difficile exercice de la démocratie.

Alors que la pandémie semblait éteinte sur la grande île-continent, de nouveaux cas ont récemment été détectés dans la région des Northern Beaches, proche de Sydney, dans les Nouvelles Galles du Sud (NSW). Cela a donné lieu à des consignes locales de reconfinement.

On peut dès lors comprendre le choc des Australiens quand ils ont découvert, par les medias, les images des fêtes de Noël organisées sur les magnifiques plages au nord de la capitale provinciale. Des centaines de personnes dansant serrées comme des sardines, à visage découvert, braillant et buvant pour… fêter Noël.

Parmi elles, il y aurait une majorité de visiteurs étrangers (backpackers). Ce qui a conduit le ministre de la santé à se déclarer épouvanté par une telle attitude et ses conséquences potentielles, et un député à exiger que l’on utilise des outils de reconnaissance faciale pour identifier les fêtards et les expulser du territoire !

 

Et lorsque, en France, on interroge les personnes autour de soi, il semble qu’une large majorité se dégage quant à la crainte de débordements identiques à l’occasion du Nouvel An. Un biais cognitif suffit-il à expliquer ce sentiment majoritaire ? C’est très possible. Mais cela démontre tout de même un grave décalage entre l’inquiétude de beaucoup et la confiance du gouvernement en une possible et réelle responsabilité collective.

 

Une telle crise (du manque) d’autorité, (du manque) de confiance pourrait hélas favoriser une attente de plus en plus large en faveur justement de mesures autoritaires (outils de reconnaissance faciale, état d’urgence, loi de sécurité globale, passeport sanitaire…) concernant la totalité des Français, y compris ceux qui n’y sont pas favorables, pour juste contrer une minorité « incomprise ».

 

Je constate qu’un avantage de cette crise est de nous placer face à nous-mêmes.

Elle nous contraint à nous auto-analyser, individuellement comme collectivement et, par cette re-connaissance, à redéfinir notre conduite à venir, dans une société plus équilibrée, qui ne cède ni au chant des sirènes libertaires, ni aux louanges des excès totalitaires.

 

Publié le 28/12/2020
Le combat chinois pour préserver l’environnement

Comme je le rappelais dans ma rubrique de lundi dernier (sur les traités commerciaux Chine-occident), l’Empire du Milieu est un des rares pays qui semble vouloir coller à ses engagements en matière de politique environnementale. Davantage en tout cas que la France ou les États-Unis.

 

Il entend atteindre son pic d’émission de CO2 d’ici 2030 et une neutralité carbone en 2060 !

Un challenge particulièrement ambitieux du fait de son immense population (supérieure à celles des USA et de l’Europe réunies) et des énormes besoins de consommation qui en découlent. Nous devons aussi prendre en compte la situation d’où part la Chine qui, il y a seulement deux décennies faisait encore partie des « pays en voie de développement » et avait choisi de devenir « l’usine du monde occidental » en sacrifiant son territoire aux activités lourdement polluantes auxquelles rechignaient les puissances de l’Ouest.

Mais, désormais, le virage de la reconversion vers les activités du tertiaire et des services est largement entamé, jusqu’à entraîner des délocalisations d’entreprises chinoises vers d’autres pays.

 

L’environnement est devenu un sujet central dans le quotidien des chinois, avec un gouvernement résolu à améliorer la qualité de vie de ses concitoyens, et de nombreuses associations non gouvernementales promptes à dénoncer les manquements et les inconduites d’entreprises ou de fonctionnaires corrompus.

 

C’est d’ailleurs une fois de plus sur sa population que le pays compte pour atteindre ses objectifs. Entreprises et particuliers sont mis à contribution pour réduire la consommation d’énergie, en particulier d’énergie fossile.

C’est déjà le cas dans l’est du pays (région de Shanghai) et le centre, où les températures ne sont pourtant pas clémentes en hiver. Les coupures d’électricité y sont désormais fréquentes : diminution des horaires d’éclairage public ainsi que du chauffage. Les employés de bureau doivent prévoir de s’habiller chaudement ; plusieurs usines ont fermé ou réduit leur activité.

 

Les projets chinois pour le développement de la production d’énergies propres (solaire, éolien…) sont pléthore et entrepris à une très grande échelle. Il s’agit donc d’un cap à passer pendant lequel la population comme les entreprises devront patienter avant de pouvoir retrouver une pleine consommation et une pleine production… sans plus épuiser la planète.

 

Publié le 27/12/2020
Et pourquoi pas un peu de poésie classique chinoise pour illustrer cette veille de Noël ?

Le nombre « trois » est consubstantiel de la construction de la pensée chinoise. Voici donc trois courts poèmes qui se complètent pour illustrer l’idée d’un Noël nous privant de la présence de ceux que l’on aime, du partage et de la joie que l’on en tire.

 

Pas très « gais », seriez-vous en droit de penser en première lecture, surtout pour une période de fêtes. Mais la poésie porte un message droit à notre cœur ou, sinon, passe par l’esprit, offrant à celui-ci de méditer une pensée capable de l’éclairer, de l’éveiller, selon notre disponibilité.

Elle n’est jamais totalement « inutile », pas plus que ne l’est le sens de cette fin d’année sous contraintes.

 

La première de ces courtes élégies est tirée du Zhuang zi et la deuxième du Guanzi, datant tous deux de l’époque lointaine des Royaumes combattants. La dernière est du poète Liu Yong, période plus récente de la Dynastie Song.

 

Chacun connaît l’utilité

de ce qui est utile

Personne ne connaît celle

de l'inutile

 

Sous le ciel, ne pas redouter

le manque de richesses

Redouter

l’absence de partage

 

Froide est la fête

pour ceux restés séparés

Loin de l’être aimé

le chagrin est amplifié

Pas de chaleur

à partager

 

Espérons que ce Noël particulier restera exceptionnel dans nos mémoires et que nous retrouverons, dès 2021, les moments plus festifs auxquels nous aspirons tous, partagés avec ceux que l’on aime.

Seul(e) ou en comité restreint, je souhaite que ce « vide » inattendu s’emplisse de la pensée des êtres qui vous sont chers et du bonheur de les retrouver bientôt.

 

§ Joyeux Noël à tous       Shengdan kuaile      Merry Christmas §

 

Publié le 24/12/2020
Les surprises de Noël du… dérèglement climatique

Vous l’aurez noté, plusieurs départements de l’hexagone vivent un début d’hiver placé sous le signe d’une extrême douceur (en moyenne : 15 degrés au-dessus des fameuses « normales saisonnières »).

 

Ah, comme il semble loin le temps où les rues de la capitale étaient couvertes de neige et de verglas, offrant le spectacle d’auto tamponneuses et de piétons pratiquant la luge sur leurs fesses, bien malgré eux. Les guirlandes de Noël, les arbres, la tour Eiffel se couvraient alors d’une cape de givre du plus bel effet sous les rayons du soleil.

Mais, comme le chantait Aznavour, « je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître ».

Cela fait en tout cas quelques années que doudounes et snow-boots végètent dans la naphtaline, au fond des placards.

 

Pour autant, la France est loin d’être le seul pays concerné par les dérèglements du climat !

 

Ainsi la Floride, au sud des États-Unis, région particulièrement clémente question météo, où la température attendue pour ce Noël avoisinera… 0° !

Ses habitants peuvent-ils dès lors espérer recevoir du ciel ce qui nous manque tant pour construire nos bonhommes de neige : de belles chutes de flocons blancs ?

Pas exactement.

 

Selon un récent bulletin du très sérieux Bureau National de la météo de Miami :

« Des températures très froides sont attendues pour Noël, entre 0 et 4°C, avec de possibles chutes d'iguanes. Faites attention et restez au chaud ! »

 

Oui, vous avez bien lu : des chutes d’iguanes !

Ce saurien, qui vit aussi dans les arbres, est un animal à sang froid. Aussi, quand les températures chutent, il se « congèle » peu à peu et finit lui aussi par… chuter ! (Ils se rétablissent dès que la chaleur revient).

La Floride avait ainsi déjà connu des « pluies » d’iguanes en 2018, année où les températures avaient également beaucoup chuté.

 

Plus que jamais, et surtout en Floride, il est donc recommandé de « sortir couvert ».  

 

Publié le 23/12/2020
Inviter Marco Polo à partager notre Noël ?

 

Noël est une période que la tradition voudrait joyeuse, un temps de bonheur partagé par tous.

 

Je n’en ai jamais très bien compris la raison, gardant au fond de moi une certaine méfiance pour ces bonheurs à date fixe, un calendrier curieux aux motivations mystérieuses, qui semble ainsi condamner les autres jours de l’année à davantage de morosité.

Mais, toujours au fond de moi, subsiste une étincelle, une lueur d’espoir. Celle de ressentir enfin, véritablement, la « magie » de Noël.

 

Si, faute d’une foi personnelle, ce jour (ou cette nuit) n’est pas vécue comme un temps de célébration (comme le voudrait la tradition chrétienne), qu’elle le soit comme un rituel, sans doute archaïque, propre à réactiver une flamme, un feu au cœur de l’hiver. Une incarnation du jeu subtil de l’ombre et de la lumière au sein de la création.

L’idée qu’au moment le plus sombre subsiste une infinitésimale lueur dont la puissance reste infinie.

 

Alors oui, cette pensée suffit à égayer Noël, que l’on soit riche ou pauvre, jeune ou vieux, croyant ou athée. Oui, elle est facile à partager. Oui, elle est magique, car le bonheur qu’elle nous procure est proportionnel au malheur que nous traversons.

 

J’ai, avec mon épouse, assisté il y a longtemps, au lever du soleil, depuis le sommet de la montagne sacrée du Taïshan, en Chine, dans la belle province du Shandong. Cela a été une des émotions les plus intenses de notre vie.

Il était cinq heures du matin, nous étions gelés, perchés sur notre rocher, fatigués après une journée d’ascension (plus de 6 600 marches hautes de 50 centimètres) et une courte nuit sur une couchette en bois. En apparaissant sur la ligne d’horizon, les premières lueurs du soleil ont réchauffé notre cœur en même temps qu’elles réchauffaient l’azur et le paysage qui s’étendait à l’infini devant nous. Ce soleil portait avec lui ni plus ni moins que la vie ! Il nous reconnectait à une émotion archaïque, ressentie par nos lointains ancêtres à la découverte… du feu.

 

Je dois sans doute aussi au grand Marco Polo de penser Noël de cette façon.

En découvrant son Livre des Merveilles, également intitulé Le Devisement du monde, je suis resté béant d’admiration devant les incroyables aventures vécues par ce jeune homme parti de Venise à l’âge de 17 ans et qui n’y est rentré que 24 années plus tard, après avoir parcouru le monde : St Jean d’Acre, l’Arménie, la Perse, l’Asie centrale, les confins de l’Himalaya, la Mongolie, la Chine, la Birmanie, le Vietnam, la Malaisie, le Sri Lanka et tant d’autres régions encore. Les témoignages, les anecdotes, les descriptions minutieuses qui composent cet incomparable et ô combien précieux carnet de voyage marquent nécessairement la mémoire de ceux qui prennent le temps et le plaisir de le lire.

 

J'ai conservé dans la mienne un passage en particulier, celui de sa découverte de la Perse. Après avoir traversé des régions d’obédience chrétienne et/ou musulmane, Marco Polo pénètre sur les terres des « Adorateurs du Feu », non loin de Kashan et de Qom.

Là, lui est narrée l’histoire des « Trois Rois-Mages ». Marco Polo décrit leurs tombeaux, dans la ville de Sara, d’où ils sont partis pour offrir leurs présents au nouveau prophète qui venait de naître. L’un portait l’or, au cas où l’enfant aurait été roi, le deuxième la myrrhe, s’il était médecin, le dernier l’encens s’il était un dieu. Après l’avoir vu, ils lui ont donné les trois !

En échange, ils ont reçu une boîte contenant le feu céleste. Ils placèrent le feu dans un temple, pour le vénérer comme un dieu. Les autres cités de la région suivirent leur exemple. Ainsi, si le feu venait à s’éteindre en un endroit, il suffisait aux habitants d’aller dans une autre ville, d’y recevoir un peu de feu et de le rapporter en leur propre temple.

Ces adorateurs du feu étaient… les Zoroastriens.

La religion musulmane s’est par la suite imposée dans la région, apportant avec elle d’autres rituels.

Mais cette magnifique symbolique du partage évoquée dans l’histoire des Rois mages est toujours restée associée à Noël.

 

Alors, si d’aventure vous étiez en manque d’idées pour porter votre présent à l’occasion de ce Noël, pensez à Marco Polo et à son extraordinaire Livre des Merveilles.   

 

Publié le 22/12/2020
Traités commerciaux Chine-Occident : complément d’information

Une nouvelle intéressante est tombée la semaine passée, pour compléter ma récente chronique (17/12 : De Roosevelt à Trump… de Mao à Xi Jinping) sur les graves conséquences économiques pour l’Amérique qu’ont les décisions de D. Trump à propos du Traité transatlantique (TPP).

 

En effet, comme je l’indiquais, le brutal désengagement de Trump, favorisant l’éclosion du partenariat (RCEP) dans la zone ASEAN (étendue) et, de ce fait les avancées économiques de la Chine, n’impactait pas seulement les USA, mais la majorité des pays occidentaux, à commencer par l’Europe.

Or, celle-ci semble vouloir malgré tout tirer son épingle du jeu en signant un accord directement avec la Chine.

 

Il lui a fallu pour cela beaucoup de persévérance, puisque les négociations ont commencé fin 2013 et ce n’est que cette semaine qu’elles ont une réelle chance d’aboutir. Elles ont, selon certaines sources, déjà obtenu l’aval de l’Allemagne et de la France. Il faut maintenant que les 27 pays membres et la Chine aient apposé leur signature, ce qui reste possible avant la fin 2020.

 

Ce n’étaient pourtant pas des tractations « faciles ».

L’Europe hésite toujours à « négocier » avec un pays auquel elle demande en vain de se conformer à son point de vue sur des sujets plus humanitaires qu’économiques : Hong Kong, le Tibet ; le Xinjiang et, d’une manière générale ses idées sur les Droits de l’Homme.

En outre, son attente, cette fois sur le plan économique, se montre ambitieuse. Il s’agit là aussi d’obtenir gain de cause à une demande récurrente, mais vaine, depuis plusieurs années : protéger les investissements des sociétés européennes en Chine et qu’elles bénéficient d’un traitement identique à celui dont bénéficient les entreprises chinoises sur le sol européen. Sont notamment en jeu la fin des subventions  chinoises à leurs entreprises, celle des transferts technologiques auxquels sont soumises les sociétés étrangères en Chine, ainsi que le respect de la propriété intellectuelle.

 

La contrepartie offerte à la Chine paraît presque mineure en comparaison. Elle porte essentiellement sur l’ouverture aux investisseurs chinois du marché européen des énergies propres. Mais quand on connaît l’ambition et l’essor du Pays du Milieu dans ce seul secteur, on peut comprendre que cela soit malgré tout un enjeu d’importance.

Un essor que nous serions malvenus de lui reprocher, alors qu’il est un des rares pays dont les progrès en matière environnementale, au regard des engagements pris, sont patents. Rappelons à ce sujet que si la Chine fait figure de plus mauvais élève quant à la pollution de notre planète, cela n’est plus du tout le cas lorsque cette pollution est calculée en fonction du nombre d’habitants. Des pays comme l’Australie, les USA, le Qatar… rencontrent selon toute évidence de réelles difficultés à changer leurs (mauvaises) habitudes de consommation.

Quoi qu’il en soit, la signature de cet accord entre l’Europe et la Chine pourrait bien être vécue comme une grande victoire commerciale et même diplomatique, pour chaque partie. Un résultat à l’exact opposé de « l’état de guerre » déclaré et voulu par Trump et ses conseillers.

 

Entendrons-nous les décideurs français crier « Cocorico » et les Allemands « Kikeriki », et recevoir en écho le « Gongji dudu » (公鸡嘟嘟) ou « Wowowo » (喔喔喔) chinois ?

J’en doute. La commission économique européenne n’est tout de même pas une basse-cour !

 

Publié le 21/12/2020
Toujours plus de cas de maltraitance animale. Ne rien voir, ne rien dire, ne rien entendre.

Ayant à cœur la question de la maltraitance animale dans nos sociétés, mon attention se porte plus volontiers sur les informations traitant de ce sujet. C’est le cas pour un reportage de Bruno Clément (lui aussi sensible à cette cause) diffusé cette semaine sur France Télévisions.

Un court documentaire qui relate le témoignage d’anciens employés du Parc à thème Le Puy du Fou, à propos de traitements aussi cruels qu’inacceptables, réservés à des animaux employés pour les spectacles du site (Tigres, autruches, bœufs, chameaux, chevaux, etc.).

Un droit de réponse y est donné à Nicolas De Villiers, le PDG du parc, jusqu’à ce que celui-ci refuse de donner suite aux questions du journaliste, accusant ce dernier de ne vouloir que nuire à l’image de son entreprise.

 

Je n’entends pas tirer le vrai du faux dans cette nouvelle affaire. Vrais ou faux témoignages ? Vraies ou fausses réponses de De Villiers ?

En revanche, cela met de nouveau en éclairage les « exceptions » étonnantes dont ce parc semble bénéficier. Ce lieu de spectacle gigantesque a pu rester ouvert, alors que l’on contraignait tous les autres à fermer, y compris ceux garantissant des conditions sanitaires parfaites. Il y a également la Loi sur le bien-être animal, reportée d’année en année et enfin présentée le 8 octobre dernier pour être débattue à l’Assemblée Nationale. Celle-ci vise à interdire l’emploi d’animaux sauvages dans des spectacles… itinérants (cirques essentiellement) au nom du bien-être animal et des « besoins physiologiques de la faune sauvage ».

Vous seriez en droit de vous demander : « Pourquoi limiter cette interdiction aux seuls spectacles itinérants ? ». La réponse est aussi simple que, selon moi, hypocrite. Les rapporteurs de la loi ont en effet retenu, comme seuls signes de maltraitance, les conditions de transport ! Ainsi, il n’est pas tenu compte des fréquents cas de violences observés (notamment lors de dressages « à la dure » qui, quoi qu’en disent certains professionnels de ce milieu, existent encore. Savoir « casser » un animal est tout un art, qui passe par la violence physique et/ou psychologique), ainsi que des conditions de détention d’animaux sauvages en captivité (mais encore faudrait-il accepter d’également considérer « les besoins psychologiques de la faune sauvage » !).

 

Il s’agit bien, je le redis, d’une loi hypocrite, et même inique. Le sentiment d’injustice dont se sent frappé le monde circassien semble du coup légitime, face aux lieux « sédentaires » (dont le Puy du Fou, ainsi que d’autres parcs animaliers) qui passent ainsi tranquillement à travers les mailles du filet législatif.

Injustice d’autant plus flagrante que, pour mémoire, la logistique de spectacles tels que celui qui se déroule en Vendée, oblige à de fréquents transports d’animaux : élevage, nourrissage, dressage, spectacles… ne se font pas dans un seul et même lieu.

 

Mieux vaut donc « oublier » la législation en cours lorsque l’on veut aborder sincèrement la question de la maltraitance animale.

Le cœur de ce sujet reste en réalité l’homme et ses déviances. En particulier la violence, lorsque celle-ci s’exerce à l’encontre d’êtres innocents.

 

Dans le documentaire de B Clément, face caméra, Nicolas De Villiers reconnaît lui-même que des individus peuvent se montrer violents à l’égard d’animaux. Ce sont, selon son expression, des « erreurs de casting » auxquelles il dit mettre bon ordre lorsqu’elles sont portées à sa connaissance. Dont acte.

Mais d’où vient-elle, cette violence ?

N’est-elle pas du même ordre que celle qui conduit un mari à battre sa femme à mort ou à la violer ? Celle qui pousse un individu à abuser de jeunes enfants ? Pour le cas qui nous intéresse ici, il s’agit de celle infligée à des millions d’animaux, partout dans le monde, chaque jour, à chaque minute.

 

Les cas avérés sont légion. On a (enfin) beaucoup parlé (merci notamment à la LPO) des ignobles pièges à la glu contre les oiseaux. Et, en cette période de Fêtes, devrait ressurgir la question du Foie Gras et la façon dont il est produit. Mais c’est toute l’année que se déroulent les abominations : abandons d’animaux, élevages clandestins, combats d’animaux, tauromachie, élevages intensifs, abattoirs, expérimentation animale… Sans compter ces particuliers qui frappent et mutilent leurs compagnons, juste comme ça, « pour le plaisir » et diffusent sur les réseaux sociaux d’amusantes vidéos d’animaux torturés. Tout ceci venant s’ajouter aux calamités résultant de l’activité humaine, et dont souffre partout la faune : incendies, urbanisation et déforestation, cultures intensives, emploi de produits toxiques, etc.

 

Dès lors, les conditions de vie des animaux dans les parcs à thème doivent paraître très anecdotiques aux yeux d’une majorité d’entre nous, à commencer par nos hommes et femmes politiques.

Lorsqu’elles sont établies, ces maltraitances révèlent pourtant une autre triste réalité : la complicité active ou passive de ceux en charge d’encadrer et donc éviter à des employés de donner libre cours à leurs pulsions violentes et sadiques. Cela inclut aussi, trop souvent, les vétérinaires eux-mêmes et certains soigneurs. L’association L214 a déjà soulevé à plusieurs reprises l’implication (parfois active) de vétérinaires dans des cas de maltraitance au sein d’abattoirs. Des soigneurs, auxquels on impose des contraintes budgétaires strictes, cèdent à la tentation de solutions inavouables (sujet également mentionné dans les témoignages recueillis par Bruno Clément).

 

Des vétérinaires, des soigneurs qui maltraitent des animaux ? Comment est-ce possible ? Certains se justifient en prétextant n’être qu’un maillon d’une longue chaîne, d’un « système » où l’on défend pêle-mêle la nécessité du profit, de la lutte contre le chômage… et dans lequel l’animal n’est plus pris en considération.

 

En fait : RIEN NE PEUT JUSTIFIER LA MALTRAITANCE A L’EGARD D’ÊTRES INNOCENTS.

Il s’agit pourtant d’une dérive courante, pour ne pas dire constante.

Existe-t-il un moyen d’y contrevenir ? Évidemment, et sans que cela ne pose de difficultés insurmontables. Mais la solution doit venir du peuple, dont les politiques ne sont que les représentants.

 

Chaque personne concernée par le bien-être animal peut facilement agir à son niveau. Ne serait-ce qu’en soutenant les associations qui militent activement pour mettre en évidence les cas de déviance et les combattre. La LPO, L214, la Fondation Brigitte Bardot, See Shepherd, pour les plus connues, sachant qu’il y en a beaucoup d’autres.

Mais aussi et surtout en arrêtant de « consommer » du loisir sans réfléchir. Tout n’est pas bon à prendre en matière de loisir, et nous devons nous montrer particulièrement vigilants lorsque des animaux sont employés. Trop de ces divertissements n’ont qu’une finalité lucrative, sans témoigner de véritable respect pour les animaux.

Les animaux ne sont pas des clowns, pas plus qu'ils ne sont des jouets en peluche.

Au passage, il est intéressant de noter que le législateur entend différencier animal « sauvage » et « domestique ». Ainsi, selon lui, il serait souhaitable de se soucier des « besoins physiologiques » des tigres ou des phoques, mais pas des chevaux ou des chiens. Allez comprendre !

 

La bonne nouvelle est qu’il est possible d’y mettre un terme. Les zoos qui présentent leurs « protégés » dans des conditions de vie inacceptables ; les spectacles (et pas seulement les cirques) qui usent et abusent d’animaux pour nous amuser et nous surprendre ; ceux qui contraignent des êtres vivants et sensibles à des exercices contre-nature (et ce n’est pas un jeu de mots), qui les travestissent, les mettent en danger, en souffrance, et, surtout, leur refusent la considération à laquelle ils ont droit. Toutes ces entreprises ne vivent que pour le profit qu’elles génèrent.

L'homme est toujours prompt à hurler contre les privations de liberté dont il se dit victime. Mais il est encore plus prompt à voler celle des êtres vivants qui l'entourent.

 

Ne plus payer de tickets d’entrée dans ces lieux est le seul véritable (et simple) moyen de pression contre leurs propriétaires.

Ne plus accepter, les yeux fermés, la « magie » des spectacles qui nous sont proposés ; pas sans exiger une totale transparence sur les pratiques et procédures en place ; un droit de surveillance ; une législation adaptée et réellement contraignante en cas de délit avéré.

 

Les abattoirs et autres élevages intensifs incriminés dans des cas de maltraitance, refusent qu’un système de vidéo-surveillance soit installé dans leurs bâtiments, au prétexte du respect de la vie privée de leurs employés. Ils dénoncent également la mauvaise image dont souffrent ces derniers. Sic !

 

En fait, le plus difficile est précisément d’accepter de ne plus fermer les yeux.

Ce n’est pas un hasard si l’idée que nous nous faisons de la sagesse repose sur le triptyque « Ne rien voir, Ne rien dire, Ne rien entendre ». Se comporter ainsi nous préserve en effet de la souffrance.

 

La réalité de la vie en société est très différente. Au risque d’en pâtir, elle nous contraint précisément à « Voir, dire et entendre ».

Sans cela, comment pourrions-nous soulager l’affliction de ceux qui nous entourent, animaux compris ?

 

Pour ceux que le sujet intéresse, puis-je recommander les ouvrages de Jack London, et en particulier Michael, chien de cirque ? Malgré mon âge avancé, le lire me bouleverse toujours autant. 

 

Publié le 19/12/2020

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