Chose promise… Carnet de Voyage 1 Tasmanie 2020

Je m’y étais engagé, voici le premier des trois Carnets de voyage que je viens de réaliser suite à mon récent séjour en Tasmanie.
Vous y trouverez, pour illustrer mes textes, de nombreuses photos et images tirées de ce voyage.

 

Quelques phrases extraites de ces carnets, pour en résumer l’esprit :
 

«Cette île magnifique, du fait de la luxuriance de sa faune et de sa flore, a également été baptisée État de la Nature ou Île de l’Inspiration.»


« Pouvoir observer ces animaux dans leur environnement naturel est un privilège, et ne devrait se faire qu’en conscience, avec un profond respect pour les êtres rares et précieux qu’ils sont. »


« Curieusement, alors que l’île est unanimement reconnue comme un sanctuaire riche d’écosystèmes uniques sur la planète, les dirigeants du pays semblent nier l’existence d’une pareille richesse. »


« L’essence même d’un carnet de voyage est de traduire en images et en mots les pensées que nous inspirent nos rencontres. »


« Combien de fois ai-je photographié un oiseau ou un marsupial en réalisant ma chance, sachant que celui-ci est sur la liste des espèces aujourd’hui menacées. Je récolte et conserve ces témoignages avec l’espoir qu’ils ne resteront que les souvenirs d’un beau voyage, jamais ceux d’une branche amputée de l’arbre de vie auquel nous appartenons. »

 

Je posterai le Carnet 2 la semaine prochaine, et le suivant encore une semaine après.
Il vous suffit de cliquer sur la vignette plus bas, et le PDF apparaîtra sur votre écran. Pour bien en profiter, choisissez : « Affichage plein écran ».
Cet accès est bien sûr gratuit.

 

Je partage ces carnets de voyage avec vous, avec l’espoir qu’en retour, vous voudrez bien me faire part de vos commentaires.

Pascal Vatinel

                                                                                    CARNET 1

Cliquez sur la couverture pour accéder au carnet

Publié le 12/05/2020
Une pensée du Dalaï Lama

Hier, une amie m'a adressé cette riche pensée du Dalaï Lama. J'ai envie à mon tour de la partager avec vous  :

 

« Ce qui me surprend le plus, chez l’homme occidental, c’est qu’il perd la santé pour gagner de l’argent, et il perd ensuite son argent pour récupérer la santé. À force de penser au futur, il ne vit pas au présent, et il ne vit donc ni le présent ni le futur. Il vit comme s’il ne devait jamais mourir, et il meurt comme s’il n’avait jamais vécu»

Publié le 12/05/2020
Ce qui se passe lorsque l’Homme ralentit sa course à la croissance...

J'ai reçu cette vidéo ce matin que je trouve particulièrement émouvante et, plus encore, intéressante.

 

Aussi...

- plutôt que de déprimer à cause du confinement (c'est mauvais pour la santé !) (la déprime, pas le confinement :)

- plutôt que de vous impatienter dans l'attente du déconfinement (c'est également mauvais pour la santé)

je vous propose de visonner cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=5mNgn8VrPkA   

 

Nul doute que ces images nous incitent à réfléchir ; non pas à la façon de revenir au "temps d'avant", mais bien plutôt à ce que devrait être le "temps d'après". Qu'en pensez-vous ?

Publié le 27/04/2020
Information importante (et sérieuse) sur le coronavirus

J'ai déjà évoqué le désespoir que m'inspire l'équipe dirigeante et son comité de santé, du fait, notamment, des informations trop souvent contradictoires et imprécises communiquées à la population au sujet du Coronavirus.

Je ne suis pas davantage rassuré par un Donald Trump et son "eau de Javel" 

 

Aussi, lorsque l'on me communique une information importante et dont l'origine apparaît plus crédible, je crois utile de la partager. En voici un très intéressant exemple avec cet article produit par le Service des maladies infectieuses à l’Université John Hopkins, Baltimore-Maryland, USA :

 

Le virus n’est pas un organisme vivant, mais une molécule de protéine (ADN) recouverte d’une couche protectrice constituée de lipide (matière grasse) qui, lorsqu'elle est absorbée par les cellules oculaires, nasales ou buccales, change son code génétique (mutation) et se transforme en agresseur et en cellules multiplicatrices.

Dès lors que le virus n’est pas un organisme vivant mais une molécule de protéine, on ne peut pas le ‘’tuer’’ à proprement parler ; il se décompose de lui-même. La durée de cette désintégration dépend de la température, du niveau d’humidité et du type de matière sur laquelle il repose.

Le virus est très fragile ; la seule chose qui le protège est une fine couche extérieure de graisse.

C’est pourquoi tout savon ou détergent est le meilleur remède, car la mousse attaque la graisse (raison pour laquelle on doit autant se frotter les mains, entre 30 et 60 secondes, afin de faire beaucoup de mousse). En dissolvant la couche grasse, on obtient que la molécule de protéine se disperse et se décompose d’elle-même.

Ne jamais secouer vêtements (sur soi, ou qu’on a portés), draps ou chiffons. Si on secoue un linge ou qu’on utilise un plumeau, les molécules du virus peuvent alors flotter dans l’air pendant 3h et aller ainsi se loger dans le nez.

Lorsque le virus est collé à une surface poreuse, il est très inerte et se décompose en seulement :

                  3h sur un tissu par exemple ou toute autre surface poreuse.

                  4h sur le cuivre (naturellement antiseptique) et le bois (qui l’assèche et l’empêche de se décoller pour se diffuser dans l’atmosphère).

Mais il peut subsister jusqu’à :

                  24h sur le carton.

                  42h sur un métal.

                  72h sur le plastique.

Pour les masques selon leur matière :

Il est conseillé de laver en machine à 60° ou passer au four à 75° pendant 30 minutes ou tremper dans une eau bouillante pendant 1 minute.

 

Je crois ces conseils importants et judicieux. Si cela est aussi votre avis, il peut être utile de les faire passer à vos contacts. Je vous en laisse juge. En attendant, protégez-vous bien 

Publié le 26/04/2020
A propos du déconfinement en Australie

En Australie aussi, nombreux sont ceux qui attendent le déconfinement. Comme ces images le prouvent, cela vaut également pour les Joeys (*)  

(*) Joey : nom donné au petit du kangourou.

Publié le 21/04/2020
Est-ce moi ou mon pays qui ne tourne plus rond ? Sauvons nos Anciens !

Loin de la Tasmanie, dès que je quitte mes notes et mes photos, me voilà vite happé par mon quotidien parisien. Confiné, comme (presque) tout un chacun, inquiet, comme beaucoup, d’un présent contraignant et d’un proche avenir incertain.

Mais ce n’est pas pour me plaindre que j’écris ces quelques notes. Je sais que de nombreuses familles sont dans une situation bien plus difficile que la mienne. J’ai la chance d’être près de celle que j’aime, et notre appartement est bien assez grand pour deux. Je mange à ma faim ; je dispose d’une bibliothèque et d’une vidéothèque bien fournies ; des amis prennent de mes nouvelles (et réciproquement) ; le papier toilette étant revenu dans les rayons, j’ai pu abandonner le projet (irréaliste vu ma totale méconnaissance de la plomberie) d’installer un bidet dans ma salle de bains  (cf news du 20 mars : Le virus de l’angoisse) ; je reçois les visites quotidiennes de mésanges, merles et pigeons qui ne sont pas masqués, et à qui je ne dois pas demander de se déchausser avant de se poser sur mon balcon.

Certes, le dernier vecteur par lequel je pouvais espérer que mes livres seraient diffusés, les plateformes de VPC type Amazon, est désormais éteint. Et alors ? Tant d’autres secteurs économiques sont également impactés, avec des personnes qui se battent pour sauver des emplois, luttent contre les lenteurs et incertitudes administratives ainsi que la non-assistance à personne en danger dont les banques et les assurances semblent se faire trop souvent les spécialistes.

 

Non, je pose cette note à la façon d’un repère personnel dans mon vécu de la déjà longue histoire du Covid 19.

 

Il sera trop facile d’oublier, plus tard, lorsque tout cela sera, espérons-le, derrière nous. Lorsque la majorité des médias (au rang desquels on ne compte plus beaucoup de vrais reporters) auront continué de reprendre en boucle les analyses soigneusement distribuées par les services de communication de l’Élysée. Lorsque ce même Élysée nous aura donc une fois de plus expliqué tout et son contraire, ce qui légitime qu’on n’y comprenne rien, d’autant que nous, « nous ne sommes pas des spécialistes », alors que ledit Élysée en est entouré. Une large majorité d’entre nous sera alors vite convaincue que l’Élysée n’a commis aucune erreur (ou en tout cas aucune dont il serait responsable), que la pandémie aura été éteinte grâce à ses (seules ?) initiatives, et qu’il est par conséquent dans notre intérêt de ne pas oublier de voter pour qui de droit aux prochaines élections.

 

Il sera, je le pressens, très difficile d’élever sa voix pour remettre en cause une pensée qui se voudra bien établie. L’angoisse retombée, un semblant de bonheur revenu, place à la cohésion sociale, à l’entente de bon aloi ! L’heure et la parole ne seront pas aux « tristes sires posant de sordides questions ».

 

  • Pourquoi en effet questionner sur le peu de cas accordé aux personnes lorsqu’elles sont aussi des électeurs en puissance, et que l’on préfère les voir dans les bureaux de vote plutôt que de rester en sécurité chez elles ? C’est du passé !
  • Pourquoi revenir à nouveau sur cette question des masques indisponibles pendant de longs mois pour toutes les personnes qui en ont absolument besoin afin de se préserver et préserver les autres, autrement dit… tout le monde ?
  • Comment des responsables (a priori sérieux et réellement « responsables ») ont-ils pu affirmer et répéter pendant tout un trimestre que ces masques étaient inutiles, car inefficaces ?
  • A quoi bon relever qu’avoir justifié ces propos en expliquant que les masques sont réservés au personnel soignant était juste inacceptable ?
  • Poser une telle question sera sans doute aussi déplacé que de s’interroger sur la façon dont le personnel soignant, méprisé, non écouté pour ses signaux d’alerte lancés toutes ces dernières années au gouvernement, quant à l’affaiblissement progressif et constant du système sanitaire français… se retrouve, du jour au lendemain et avec force communication, élevé au statut de héros œuvrant sans compter leur temps ni leur énergie, protégés par des sacs poubelles (faute de blouses) , réutilisant des masques au-delà des normes requises, etc. et sacrifiant « volontiers » leur vie pour le bien de tous ?
  • Comment comprendre que l’on puisse construire des paraboles géantes sur la lune pour écouter des voix venues de l’espace, ou que l’on admire les Chinois capables de construire un hôpital en quelques semaines dans la région de Wuhan, alors qu’une « grande puissance » comme la France demeure incapable de réquisitionner des usines pour fabriquer des masques par millions ?
  • Pourquoi souligner que cette question vaut pour tout le matériel de lutte contre le Covid 19 (gel hydro alcoolique, charlottes, blouses, visières, médicaments, tests…), alors que si une priorité absolue et les moyens avaient été donnés à ces produits essentiels, la question du confinement et du déconfinement aurait été en bonne partie résolue ?
  • Comment expliquer que des milliardaires aient su mobiliser des fonds considérables, seulement quelques jours après l'incendir de Notre Dame, mais soient restés silencieux quatre mois après le début de la pandémie ?
  • Mieux vaudra, sans doute, ne pas faire remarquer qu’il est étonnant, alors que le confinement est posé comme impératif, limite couvre-feu, et qu’une communication intensive nous est assenée sur les contrôles réalisés par les forces de l’ordre à ce sujet… de ne pas avoir aperçu un seul policier près de chez soi depuis trois mois, que les gens circulent tranquillement, parfois en grand nombre, sans masques ni respect des distances, que des voisins et leurs invités fassent la fête jusqu’à 1 heure du matin, hurlant et mettant leur sono à fond (pour défier les autres ? la mort ?) sans que le moindre uniforme n’intervienne, alors que ces irresponsables étaient forcément nombreux, réunis dans un espace réduit ?
  • Y aura-t-il une voix pour demander comment il est (réellement) possible qu’il ait fallu plusieurs semaines pour consolider les statistiques de décès dans les Ehpads ?
  • Sera-t-il possible de s’interroger sur la nécessité d’un pareil blocage de l’économie dans le cas où celui-ci aurait été évitable grâce aux équipements de protection et à des procédures de sécurité rigoureuses dans les établissements concernés ? Et, bien sûr, des conséquences de ce blocage sur la vie à venir de millions de Français, les plus démunis ?
  • Aurons-nous le droit de (au moins) nous interroger sur les choix dictés par l’Élysée pour cette sortie de crise économique : laisser les enfants reprendre l’école (à 35 par classe, mais c’est vrai qu’ils ne seraient « que » à risque d’être des porteurs asymptomatiques), et contraindre les personnes âgées à rester confinées jusqu’à décembre ! Les enfants à l’école, les parents pourront reprendre leur travail ; les « vieux », eux, sont par nature improductifs (tant pis pour le bénévolat et le secteur associatif, et tant pis pour leur désir de vivre en société). Pour éviter cette question, il suffira d’oublier qu’une personne âgée bien protégée n’est pas plus « à risque » qu’avant le Covid, et qu’avant d’ordonner la réouverture des classes, il aurait fallu garantir, là aussi, l’approvisionnement en matériel de protection et une réorganisation des espaces, tout en plaçant le personnel enseignant au même niveau de priorité que le personnel soignant (ce qui vaut d’ailleurs pour les policiers, routiers, caissiers, facteurs, etc.).

 

Bref : aurons-nous seulement le droit de demander des comptes, plutôt que de nous laisser juste gagner par le « bonheur » d’une fin (possible) de pandémie, sans passer pour de « mauvais esprits » ni être renvoyés au banc de la société ? Je l’espère. Oh pas pour le plaisir de trouver des fautes et leurs coupables (quel plaisir peut-on d’ailleurs trouver à cela ?). Mais parce qu’il est clair que cette pandémie a tous les signes d’une alerte : un gigantesque exercice grandeur nature, laissant des milliers de morts sur le pavé, des familles détruites, des drames à n’en plus finir… sans aucune garantie que cela ne se reproduise dans les années (les mois ?) à venir.

 

Alors à quoi bon, si l’on ne tire pas les vraies leçons de cet événement ? Un comité indépendant constitué d’experts des différents domaines concernés (médical, mais aussi social, industriel, économique…) ne devrait-il pas être créé afin de détailler jour après jour l’histoire de cette pandémie, analyser chaque acte, chaque décision, chaque conséquence, et tenter de modéliser le tout en pointant les erreurs à ne pas reproduire, pour l’intérêt commun ? Confucius disait que « L’imbécile n’est pas celui qui commet une erreur, mais celui qui la répète ». Il ne s’agit pas de pointer du doigt tel ou tel responsable politique ou scientifique, mais d’éviter de masquer son ou ses erreurs par un discours mensonger et la constante langue de bois.

 

J’ai, plus haut, utilisé les termes de : « réquisitionner », « matériel de lutte »… Il est vrai que le chef de l’état a d’emblée évoqué un « état de guerre », se positionnant ainsi lui-même comme un « chef de guerre », cumulant ainsi sur ses maigres épaules moult fonctions dirigeantes : chef de file, chef de parti, premier de cordée, chef d’état et des armées, et maintenant… chef de guerre. Sans doute devrions-nous tous être admiratifs devant une telle volonté de puissance. À moins que le premier psy venu vienne briser la belle image par un discours, forcément tordu, sur des refoulements et complexes plus ou moins cachés, d’autant plus profonds que ces personnalités sont rares. Je ne suis pas psy, aussi je préfère m’interroger sur la façon dont les intentions et les mots se traduisent par des actes, la nature de ces actes, et les conséquences qu’auront ces actes pour notre société.

 

Je garde espoir…

  • de voir la pandémie s’éteindre ;
  • qu’elle ne redémarre pas trop vite ;
  • que nos Anciens ne seront plus jamais laissés pour compte ;
  • que les élèves et leurs enseignants ne soient pas les victimes d’une décision trop irréfléchie ou prise pour les mauvaises raisons ;
  • que le personnel soignant puisse enfin se reposer, prendre le temps de « digérer » des expériences trop souvent dramatiques ;
  • qu’un déconfinement se fasse, raisonnable car géré par chaque individu dans la conscience des risques qu’il encourt et fait encourir aux autres ; intelligent car décidé après que le matériel de protection nécessaire ait été largement distribué (masques, visières, tests…) ;
  • que des chaînes de fabrication soient créées et garantissent davantage d’autonomie et de stocks à notre pays ;
  • que le comité évoqué plus haut soit réellement mis en place et que ses conclusions soient factuelles et impartiales, hors tout propos électoraliste ;
  • que ces conclusions nous aideront à ne pas reproduire une telle somme d’erreurs, en tout cas le moins possible, en cas de récidive ;
  • que nous réfléchirons aussi à notre place sur cette planète, en comprenant que notre relation à la vie sauvage n’est pas sans conséquences, ni, non plus, nos recherches scientifiques lorsqu’elles sont menées sans la transparence requise ou, là encore, pour des visées incompatibles avec l’humanisme auquel nous devrions tous œuvrer.

 

Je ne doute pas que ce drame du Covid 19 nous éclaire sur nos manques humanistes. Globalement et individuellement. L’enfermement auquel nous sommes contraints n’a de valeur ou de sens que pour le retour qu’il nous permet d’opérer sur nous-même. Le temps de réflexion et de méditation qu’il nous offre revêt une immense valeur au regard de nos actes à venir.

 

Je conclue ce billet avec une magnifique définition de l’humanisme donnée par le philosophe E. Lavinas. Elle tient en deux mots : « Après vous ». Si loin du « Moi d’abord » vers lequel notre société semble désormais trop souvent tendre.

Publié le 18/04/2020
Des étoiles au-dessus de la Tasmanie

Même si je vous dis qu'il s'agit d'un vol d'albatros au-dessus de la baie de Murdunna, au sud de la Tasmanie, j'imagine que cette image ne vous enthousiasmera pas outre-mesure.

Pourtant, en travaillant sur mon carnet de voyage, elle a tout particulièrement retenu mon attention. J'ai été frappé par la formation de vol de ces cinq grands oiseaux marins. En effet...

... tous les navigateurs, voyageurs, randonneurs, se fient à l’étoile polaire… dans l’hémisphère nord. Mais Down Under on choisira : la Croix du Sud. Celle-là même qui figure sur la bannière australienne.

Sur le drapeau, les cinq étoiles de droite figurent cinq états. Elles sont disposées selon la représentation de la Croix du sud dans le ciel. La sixième, plus grosse, représente la Fédération.

 

Pour vérifier mon intuition, il m'a suffi de superposer les deux visuels. Voici le résultat :

 

Alors, la Croix du Sud : étoiles la nuit, oiseaux le jour ?

 

 

Publié le 16/04/2020
Platypus Art

 

À l'origine de mon premier séjour en Tasmanie, il y a cinq ans, il y avait mon profond désir d'observer un ornithorynque dans son environnement naturel (in the wild). Pas seulement parce que c'est un mot qui compte au scrabble  (Hé non : trop de lettres ! Mieux vaut choisir son patronyme anglais : Platypus) mais parce que, depuis le temps que j'allais en Australie, je n'avais jamais réussi à en apercevoir la queue d'un !

 

Chaque fois, les locaux me disaient que c'était un animal presque impossible à apercevoir, tant il est discret et craintif. Sans compter qu'il partage l'essentiel de son temps entre son terrier et son "terrain de chasse", autrement dit : sous l'eau ! Or, pour moi, cet animal était un peu l'équivalent, au sein des mammifères australiens, du dragon au sein du bestiaire chinois ; une étonnante combinaison d'autres êtres vivants, avec son bec de canard, sa fourrure de loutre, sa queue de castor, ses pattes palmées, les œufs qu'il pond et les petits qu'il allaite une fois éclos ! Je me suis souvent demandé ce que le créateur de cette étonnante bestiole avait fumé ce jour-là. Ma curiosité s'en trouva d'autant plus excitée lorsque je découvris dans mes lectures que le platypus partageait avec le seul échidné son appartenance à une espèce bien déterminée : les monotrèmes, une lignée directe avec la préhistoire !

 

Cependant, devant mes échecs répétés à observer un ornithorynque dans la nature australienne, j'en avais fini par me demander si, toujours à l'instar du préhistorique dragon chinois, il n'était pas devenu, au fil du temps, un animal de légende.

Jusqu'au jour où un Australien, sans doute ému par ma déception et davantage doué d'empathie, m'expliqua que le platypus a besoin d'un habitat aux conditions particulières avec, si possible, une eau suffisamment pure pour en faire son chez-soi. Selon ce sympathique Aussie, j'aurais toutes mes chances en Tasmanie, île très réputée pour la pureté de son environnement. Ni une ni deux, ma décision était prise : j'irai en Tasmanie observer des ornithorynques !

 

À mon arrivée à Hobart, en 2015, on m'interrogea sur la durée de mon séjour, s'attendant à l'habituelle réponse de ceux venant d'overseas : entre trois jours et trois semaines. Une profonde interrogation se lisait donc sur le visage de mes interlocuteurs lorsque je répondais : trois mois ! D'où la question suivante : mais pour y faire quoi ? Réponse facile : observer des ornithorynques. Hélas ! Quelle ne fût pas ma déception lorsque, chaque fois, je reçus le même commentaire : << Un ornithorynque ? Mais, mon pauvre monsieur, c'est extrêmement difficile. II vous faudra pas mal de chance, et surtout de patience. Dîtes-vous bien que peut-être au bout de trois mois... vous n'en aurez toujours pas vu la queue d'un ! >>

Damned ! Oui, je me sentis maudit, trahi, désespéré. Se pourrait-il que tout cela ne soit qu'une vaste farce, et que j'en sois la victime ? Que ledit animal soit bel et bien une légende ? Il y eut heureusement le samedi suivant... et le fameux marché de Salamanca.

C'est une tradition, tous les samedis, se tient sur la place fort justement nommée Salamanca Market, un étonnant marché, riche en stands et animations divers, en couleurs et musiques, où se côtoient marchands de crêpes et de burgers, vendeurs de miels, de souvenirs, de vêtements en tous genres, artisans, maraîchers locaux, etc. le tout dans une ambiance très baba-cool ! Devant patienter jusqu’au début d'après-midi pour récupérer ma voiture de location, je profitai de ma matinée pour me balader dans les allées animées de Salamanca. Jusqu'à ce que je découvre un stand où étaient exposées des photographies de tous formats et presque toutes animalières. Celle, superbe, d'un platypus pris en gros plan, nageant dans l'eau verte d'une rivière, m'interpella aussitôt. Je décidai de l'acheter, me disant que si j'étais incapable d'en photographier un moi-même, je rapporterai au moins un souvenir de mon légendaire "dragon australien".

Le vendeur à qui je donnai mes dollars en échange de ce cliché en était aussi l'auteur. Je profitai donc de l'aubaine pour lui narrer ma quête, avec l'espoir qu'il m'entendrait. J'ai eu la chance de tomber sur le type le plus sympa et généreux qui soit ! Il me demanda quel parcours j'avais prévu sur l'île pendant trois mois et, pour la plupart de mes étapes, m'indiqua les meilleurs spots possibles pour apercevoir un platypus. Conscient de mon inexpérience en la matière, il me donna en plus les coordonnées de plusieurs de ses connaissances, bûcherons, fermiers... que je pouvais contacter de sa part au fur et à mesure de mon avancée.

Tout cela fonctionna à merveille ! Grâce à ce sympathique Tasmanien, et à ses tout aussi sympathiques amis, j'ai pu réaliser ma quête et observer, de longues heures durant divers platypus évoluant dans leur milieu naturel.

 

Il subsista pourtant une déception. Mon modeste matériel photographique arrivait, cette année-là, à bout de course ! Impossible, notamment d'obtenir une mise au point stable, avec un focus devenu hors de contrôle. Malgré les nombreuses occasions d'observation, j'en tirai peu de clichés, peu qualitatifs pour la plupart. Je garde notamment en tête une séance avec un ornithorynque, sur la berge d'une rivière, à la tombée de la nuit. Tout habillé de noir, la tête couverte par la capuche de mon sweatshirt, silencieux et immobile, je me tenais à moins de trois mètres de lui. Je l'ai filmé sous toutes les coutures pendant près d'un quart d'heure, tandis qu'il se "grattait la couenne", tentant de chasser les parasites logés dans son épaisse fourrure. L'extase ! Pour lui, comme pour moi. Hélas, une fois rentré dans mon petit chalet de montagne (Craddle mountain), le mini écran de mon appareil me révéla que, lumière baissante aidant, ma mise au point était ratée d'un bout à l'autre. Il me reste au moins le souvenir de cette magnifique séquence gravée dans ma mémoire.

 

Cette privation de belles images a pourtant nourri, en plus de mon désir de découvrir le sud de cette grande île, le projet d’y revenir, ce qui aura été le cas cette année. Armé d’un appareil en meilleur état, fort de mon expérience précédente dans le nord, j’ai pu à nouveau observer des platypus et, cette fois, les photographier.

 

Voici un rapide montage (« vue de l’artiste ») réalisé avec trois de ces clichés. D’autres viendront alimenter les (au moins) deux pages que je consacrerai à notre ami monotrème dans le carnet de voyage à venir.

Publié le 07/04/2020

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