Désobéissance civile pacifique : un devoir ? un impératif ? Une réponse à l’indignation.

De l’impératif de désobéissance explicité par J. M. Muller au devoir de désobéissance prôné par Gandhi, la contestation et l’insoumission restent des mots d’ordre essentiels de la société civile à travers le monde.

 

Selon le philosophe américain H. D. Thoreau, « Il est plus souhaitable de cultiver le respect du bien que le respect de la loi ». Oscar Wilde ne l’aurait pas démenti : « Aux yeux de quiconque a lu l'Histoire, la désobéissance est la vertu originelle de l'homme. La désobéissance a permis le progrès » ; ni Victor Hugo : « Désobéir, c’est chercher ».

 

Le fait premier de la résistance est le plus souvent l’indignation ; ce qui avait valu son titre à l’essai de Stéphane Hessel sur ce sujet : « Indignez-vous ! » Titre lui aussi en forme de mot d’ordre, qui avait interpellé un nombre considérable de lecteurs.

 

Si l’indignation paraît en effet essentielle -- preuve qu’il subsiste un désir de dignité --, ses raisons sont, elles, extrêmement subjectives et légitiment de façon très inégale les mouvements de résistance qui en découlent. Pour avoir connu l’installation du nazisme en Europe, Hessel en savait quelque chose.

Que dirait-il aujourd’hui des « rebelles modernes » qui s’indignent de leurs privations de liberté lorsqu’il leur ait demandé de ne pas fumer en public ou de porter un masque pour cause de pandémie ?

Ailleurs dans le monde, les privations de liberté s’expriment également. De façon plus violente, et les formes de résistance civile le sont aussi.

 

En Birmanie, après le récent putsch militaire, la résistance prend une forme et une force inattendues, et les colonels de la junte ne peuvent que s’en inquiéter. Dans le pays, l’indignation est désormais générale, ne se limitant plus aux seules manifestations dans la capitale. On tire à balle réelle sur les contestataires, on les emprisonne, on les maltraite… mais ils « résistent » toujours, et s’organisent. Ils ont créé le CMD (Mouvement de désobéissance civile) que des milliers de Birmans rejoignent. Mieux, on compte désormais dans leurs rangs des fonctionnaires et des diplomates ! Des garde-frontière déposent les armes et se réfugient en Inde. Des policiers par centaines quittent leur poste. Fin février dernier, au siège New Yorkais de l’ONU, l’ambassadeur birman en personne a fustigé le coup d’état des militaires, et demandé aux États membres de tout entreprendre pour y mettre fin. Accusé de haute trahison par la junte, il a été aussitôt démis de ses fonctions. Mais celui qui a été nommé pour le remplacer a préféré… démissionner à son tour ! Triste rappel des événements de 2011 et de la junte alors au pouvoir : le numéro 2 de l’ambassade birmane à Washington, craignant pour sa vie et celle de sa famille, avait alors déjà demandé l’asile politique aux États-Unis.

 

Si, en Birmanie, jamais la résistance n’a été aussi forte, elle semble en revanche très compromise à Hong Kong où, d’évidence, la Chine revient sur sa promesse de maintenir pour une période de 50 ans le principe de « un pays, deux systèmes ». La résistance locale a provoqué l’ire du « grand-frère » chinois qui intensifie les vagues d’arrestations au sein du parti démocrate et exige une totale allégeance au gouvernement de Pékin.

 

Mais la résistance s’exprime aussi dans les coins les plus reculés de la planète, échappant ainsi au radar des principaux medias. Il se peut d’ailleurs que les raisons mêmes de cette contestation échappent tout simplement à nos esprits de citadins trop préoccupés par les séries de confinements et autres couvre-feux.

Les populations autochtones de l’île de Baffin, au nord de la planète, s’opposent aux projets d’expansion de la société Baffinland qui gère notamment la mine de fer de Mary River.

 

Afin de doubler sa production, Baffinland veut construire une voie ferrée qui reliera, sur plus de 110 kilomètres, la mine au port d’embarquement.

Plusieurs communautés d’inuit n’ont pas hésité à affronter les pistes enneigées durant des dizaines d’heures (et avec des températures avoisinant les -40°) pour venir bloquer des installations de Baffinland. Il faut dire que, pour eux, l’enjeu est essentiel.

Si la filiale du groupe fondé par Minerals Group et ArcelorMittal mène son projet à terme, le trafic maritime dans la région va considérablement s’intensifier, à raison d’environ 200 passages par an et avec des minéraliers 6 fois plus gros que ceux actuels.

La faune marine très présente dans ce secteur, (narvals, baleines…) en sera la première victime. La faune terrestre ne sera pas épargnée, puisque la nouvelle voie de chemin de fer passera au beau milieu de la zone de mise bas des caribous.

 

Au fait, comment Mr Hessel concluait-il son (trop) court opuscule ? Lui, l’homme alors âgé de 93 ans, conscient de sa fin prochaine, cofondateur du Conseil National de la Résistance, corédacteur de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 ?

«  À ceux et celles qui feront le XXIe siècle, nous disons, avec notre affection : Créer c’est résister. Résister c’est créer. »

 

À lire ou à relire :

Indignez-vous !  Stéphane Hessel  Éditions Indigène

La désobéissance civile  Henry-David Thoreau  Poche

L’impératif de désobéissance : fondements philosophiques et stratégiques… Jean-Marie Muller

Du devoir de désobéissance civile  Gandhi (textes compilés) Ed Payot

Publié le 07/03/2021
En finir avec l'écriture inclusive

Certes, l’égalité homme femme est loin d’être gagnée et il est indispensable de soutenir tous ceux qui combattent pour que celle-ci soit enfin établie. Faut-il pour autant encourager les projets les plus imbéciles ? Peut-on, au nom de cette égalité, laisser se créer, se développer, et déjà s’enseigner une langue infernale qui, non seulement détruit toute harmonie dans la belle langue de Molière, mais va inéluctablement creuser le lit d’un sous-langage tel celui en usage dans les SMS, Tweets, et autres courriels ?

 

Je veux bien sûr parler de l’écriture inclusive. Nouvelle arme de guerre des intégristes du féminisme ; impraticable sans passer des heures à réfléchir au « bon respect des règles vouées à balayer toute trace d’identité sexuelle », alors même que les règles les plus élémentaires de l’orthographe et de la grammaire sont bafouées par une très large majorité d’entre nous !

 

Avez-vous seulement tenté de rédiger un texte selon ce mode inclusif ? Autant se cogner d’emblée la tête contre les murs. Un exemple :

<< Que toutstes celleux qui, soi-disant possesseur.e.s de savoir méprisent leurs lecteur.rice.s en pratiquant une écriture non inclusive, négligeant notamment de compter le nombre de personnes de chaque sexe dans un groupe avant de décider si celui-ci doit être accordé au « féminin » ou au « masculin », soient jugé.e.s et condamné.e.s par toutstes celleux qui protègent les droits de la Femme en particulier et de leurs auditeutrices en général. >>

 

Comment des enfants (et même des adultes) auraient-ils la moindre chance d’intégrer ces nouvelles conventions, alors qu’ils sont déjà en déficit d’écriture (et de lecture) ?

D’ailleurs, si l’écriture devient un casse-tête en suivant ces principes, la lecture en souffre tout autant !

 

Je bénis le Ciel d’être un simple romancier, libre de pratiquer l’écriture de mon choix, et non un fonctionnaire en charge de textes officiels. Mais combien de temps encore pourrons-nous y échapper ?

Le zèle épouvantable de plusieurs universitaires, sans doute adeptes de la maïeutique et du « politiquement correct », à s’imposer (étudiants) ou imposer aux autres (enseignants) l’usage de ce nouveau charabia est sans doute le plus étonnant dans cette affaire.

Par peur d’une petite minorité adepte de la masturbation intellectuelle, ils sont prêts à compromettre l’usage des outils majeurs de la culture, écriture et lecture, nécessaires à tous. À moins que l’idée soit de créer deux niveaux de langage et de faire ainsi apparaître une illusoire élite intellectuelle ?

Je viens notamment d’apprendre que des profs de Sciences-Po en seraient à distribuer des points supplémentaires à ceux de leurs élèves qui pratiquent la rédaction inclusive !

 

À force de ne plus seulement mettre les points sur les « i » mais aussi à en parsemer les mots et les phrases, la psychorigidité des uns mettra vite à mal la spontanéité et la créativité des autres.

 

Je n’ai aucune envie de devoir un jour me soumettre à cette hérésie collective, fortement teintée de lâcheté. Aussi, je remercie et félicite les quelque 60 députés qui, le 17 février dernier, se sont unis pour demander la suppression de l’écriture inclusive des textes administratifs.

Vu la très forte augmentation du budget aspirine au sein de l’administration française, la Sécurité Sociale devrait également leur en être reconnaissante. 

 

Publié le 28/02/2021
Et David, une fois de plus, a vaincu Goliath

Il est sans doute surprenant que, selon cette présentation des faits, David soit le gouvernement australien, et Goliath une société privée, en l’occurrence Facebook !

Quoi qu’il en soit, l’Australie a eu raison de rester ferme sur ses positions : Facebook vient de présenter ses excuses pour sa « trop grande fermeté » et s’engage à verser 1 milliard de dollars sur trois ans aux medias.

 

Il semble que Mark Zuckerberg se soit ainsi aligné sur son « collègue de la bande des Cinq » (GAFAM), Google, qui a fait la même promesse plus tôt, en fin d’année dernière.

 

Certains s’indignent toutefois que le grand gagnant de cette bataille entre géants du Numérique et gouvernements, soit… le groupe de presse géant de Rupert Murdoch !

Une réaction bien légitime. Il faut pourtant davantage pousser l’analyse.

« L’indignité » tient plutôt au fait que le milliardaire australo-américain puisse détenir à lui seul un si gigantesque empire de presse à travers le monde, au sein duquel la diversité (liberté ?) d’opinion est réduite à sa portion congrue. (Pour mémoire, Murdoch détient non seulement 175 journaux sur la planète, mais aussi plusieurs groupes de télévision. La grande majorité de ces medias diffuse de l’information souvent qualifiée d’ultra conservatrice. Ainsi, l’intégralité des organes de presse détenus par le milliardaire a soutenu l’invasion de l’Irak par les USA.). Mais, dans le cas présent, il faut rappeler que cette victoire contre les GAFAM vaut pour l’avenir de toute la presse, dans son ensemble, et qu’en évitant la disparition des quelques rares (et donc précieux) « vrais » journalistes professionnels, elle évite la mise en place d’un système d’informations « low cost » sans la moindre pertinence.

 

Plusieurs pays attendaient de connaître l’issue de ce bras de fer. Le Canada, par la voix de son Premier ministre, a déjà annoncé vouloir suivre l’exemple australien.

 

En Europe, la situation est différente.

La France a, depuis plusieurs années, milité pour une taxation des GAFAM, soulignant que malgré le poids de celles-ci (supérieur de plus de 50% à celui de toutes les entreprises françaises cotées au CAC 40), elles étaient deux fois moins imposées que les entreprises traditionnelles de l’Union Européenne !

Devant l’incapacité de l’UE (forte opposition des pays nordiques et de l’Irlande) à agir en conséquence, la France et quelques autres pays de la Communauté ont pris les devants.

Une loi de taxation des GAFAM a été votée par la France dès juillet 2019 (ce qui nous a valu de lourdes mesures de rétorsion de l’Administration Trump). 350 millions d’euros sont ainsi rentrés dans les caisses de l’État en 2019, et 500 autres millions étaient espérés en 2020. La preuve qu’une résistance est toujours possible et peut faire vaciller même les géants.

La question de l'indemnisation de la presse reste toutefois là aussi à traiter.

Publié le 25/02/2021
Quand la Chine nous interroge

La façon dont le gouvernement chinois administre ses affaires intérieures (et extérieures) n’a pas fini de nous interroger ni d’alimenter les pires fantasmes et rumeurs « pro » ou « anti » Chine.

Une chose est toutefois certaine, c’est que « ces gens-là », décidément, ne pensent ni ne fonctionnent comme nous ! (pour résumer la pensée la plus couramment admise en Occident à propos de la Chine).

 

Une autre chose est sûre, si Xi jinping et son équipe se sont essayé (avec pour l’instant une réussite plus que mitigée) à l’exercice du Soft Power en matière de politique étrangère, l’autorité qu’ils exercent à l’intérieur du pays ne s’embarrasse guère de diplomatie.

Le plan est simple : chaque nouveau problème rencontré doit être traité avec force et résolution (image de la main de fer) ; il n’est pas question de laisser quelque communauté ou acteur économique du pays remettre en cause la politique décidée pour le bien commun de celui-ci.

Que les islamistes se mettent en action à l’ouest de la Chine, la rétorsion est immédiate et bien plus violente encore. Que le Tibet, Hong Kong, réclament leur indépendance, l’armée et la police sont aussitôt mobilisées pour y remettre bon ordre.

Voilà pour les exemples les plus repris et cités dans la presse internationale.

 

Mais cette « fermeté managériale » s’exerce dans bien d’autres domaines. Ainsi, la lutte contre le coronavirus. Le combat fait sens pour toute la famille chinoise et il n’est pas question non plus ici de se plaindre de « restriction des libertés individuelles » quand il y va de la survie d’une population d’1.5 milliards d’habitants. La criminalité augmente dans les villes, les accidents de circulation sont plus nombreux, les dérives comportementales liées aux « mauvais exemples occidentaux » se multiplient ? Qu’à cela ne tienne : le déploiement des nouvelles technologies – caméras, reconnaissance faciale, gestion de bases de données sophistiquées, contrôle des medias et de l’Internet…– démontrent une efficacité redoutable pour contribuer au bon maintien de l’ordre et au respect des règles communes indispensable pour éviter la pagaille sociale et limiter la corruption.

Des bavures graves, des abus inacceptables se produisent. Comment pourrait-il en être autrement ? Ce qui compte pour l'Etat, c’est le résultat global. Le Parti ne conservera son pouvoir que s’il réussit à tenir sa promesse de garantir le bonheur et la sécurité de la majorité des Chinoises et des Chinois.

 

Un autre exemple de ce « management à la chinoise » nous apparaît depuis peu à travers les rapports que le gouvernement entretient avec les géants du numérique.

 

Souvent regroupés sous le terme (trop restrictif) de GAFAM, ces sociétés privées géantes ont réussi à acquérir en Occident un pouvoir considérable, alors que pourtant incompatible avec l’idée majeure de démocratie que revendiquent les pays concernés.

 

Un pouvoir qui devrait être d’autant plus condamné (plutôt que favorisé), qu’il repose sur à peu près les mêmes mécanismes que ceux reprochés par l’Occident à la Chine :

- constitution d’immenses et puissantes bases de données dont l’usage est, de facto, incontrôlable

- surveillance des comportements des usagers par le biais d’outils technologiques conçus dans ce but (géolocalisation, habitudes de consommation, données bancaires, données médicales…)

- jusqu’aux images et aux conversations désormais accessibles grâce aux réseaux sociaux, au Cloud, ou aux objets connectés de type Alexa, Google Home, Amazon Echo (*)…

(*) Dès la fin de l’année, Google, Amazon et Apple, accompagnés de la Zigbee Alliance, prévoient de créer un standard commun dédié aux objets connectés. Le message à l’attention du consommateur : une plus grande compatibilité entre les systèmes et donc davantage de facilité et de confort d’utilisation. Réalité plus « subliminale » : accroître l’usage de ces objets au sein de la population et la capture des informations qu’ils permettent. Le cinquième pouvoir (terme inventé par le journaliste espagnol Ignacio Ramonet, ancien directeur du Monde Diplomatique), le plus puissant de tous, est au cœur de la stratégie de conquête des GAFAM.

 

Non seulement les GAFAM contribuent dans une bonne part à une transformation violente de nos modèles économiques et sociétaux (librairies, petits commerces, medias… la liste serait longue) mais elles construisent surtout un monde auquel les consommateurs par millions semblent désormais incapables d’échapper. Après le luxe (et le « Tu n’es rien si tu n’as pas une Rolex à 50 ans »), s’est formée l’addiction technologique (et le « Tu n’es rien si tu ne changes pas de portable tous les ans » ou « Si tu n’as pas au moins un million de « followers » sur ton réseau social »), et cela malgré l’évidente privation de ces libertés auxquelles nous nous disons tellement attachés !

 

De précédentes chroniques (18/02 et 21/01) évoquent l’exemple très d’actualité du gouvernement australien qui tente courageusement de « renverser la vapeur » afin de sauver ses organes de presse du marasme vers lequel les entraînent inexorablement les géants du numérique type Facebook et Google, ainsi que la violence avec laquelle Facebook, en particulier, a répliqué. On peut également rappeler – ce n’est pas si vieux – les « tweets » de D Trump soudain censurés et les comptes fermés par Tweeter, au nom de… la démocratie !

En Occident, les GAFAM sont en mesure de se passer de l’avis des gouvernements et n’hésitent plus à s’affranchir des impératifs de la démocratie ni de leurs devoirs à l'égard de la communauté (optimisation fiscale, droit du travail...). Ils détiennent le « cinquième pouvoir », le renforcent de jour en jour, et sont prêts à en faire la démonstration lorsque nécessaire.

 

En Chine, avec sa politique beaucoup plus clairement affichée du « tout contrôle », se déroule un scénario très différent. L’Empire du Milieu est devenu un élément central du développement (et de l’usage) des nouvelles technologies. Pas étonnant, dès lors, que des « GAFAM » à la chinoise se soient rapidement constituées. Wechat est devenu le plus grand réseau social au monde, et Ali Baba n’a rien à envier à Amazon. Les méthodes et le discours des dirigeants de ces sociétés ont commencé à se singulariser, entendons par-là : prendre une certaine distance avec la politique sociale et économique décidée par le gouvernement, voire la contredire. Le géant Tencent (propriétaire entre autres de Wechat) et le groupe de Jack Ma (fondateur d’Ali Baba) ont acquis une puissance économique et financière colossale (via leurs services de e-paiement) mais aussi « médiatique ». Ils sont ainsi devenus, pour beaucoup de Chinois (et d'Occidentaux!), des exemples d’une réussite magistrale, au point que leurs faits, gestes et propos sont suivis de près.

 

Cela n’a pas empêché Xi jinping et son équipe d’y mettre très vite le hola.

 

Jack Ma a ainsi disparu des écrans pendant de longues semaines (créant des rumeurs de possible emprisonnement, voire d’assassinat) avant d’y réapparaître en tenant cette fois des discours nettement plus « assagis ». Zhang Feng, vice-président de Tencent, a lui aussi été inquiété, pour une histoire (vraie ou fausse) de pots de vin. Et les deux immenses groupes sont aujourd’hui menacés d’une importante « restructuration », pilotée… par le gouvernement chinois.

 

 

La démonstration qu’en Chine c’est l’état qui conserve le contrôle des géants du numérique, et non l’inverse.

 

De ces approches si radicalement différentes, laquelle est la plus pertinente?  

Publié le 23/02/2021
Des joies du Brexit

Je n'ai certainement pas saisi la totalité des effets bénéfiques du Brexit pour l’Angleterre, le Royaume-Uni ou l’Europe. En revanche, je crois que nous n’en aurons pas fini d’en découvrir les conséquences néfastes.

Ainsi, le cas des apiculteurs anglais. Plusieurs ont voté en faveur du Brexit. Aujourd’hui, il ne fait aucun doute qu’ils s’en mordent les doigts.

 

En effet, comme partout dans le monde, les colonies d’abeilles connaissent un fort taux de mortalité durant les grands froids de l’hiver. Cela oblige les apiculteurs de certaines régions, pour repeupler leurs ruches, de faire appel à d’autres pays mieux dotés en abeilles. Par exemple, des producteurs anglais peuvent s’adresser à l’Italie, où ils commandent des millions d’insectes pour les importer dans leurs colonies.

Mais plus maintenant. Pas après le Brexit !

 

L’importation d’espèces animales en Grande Bretagne est désormais soumise à une réglementation plus stricte. Et les autorités anglaises n’ont pas hésité à informer leurs apiculteurs que les abeilles seraient « bloquées à la frontière » et certainement détruites !

 

Même si certains apiculteurs envisagent de faire transiter leurs « travailleuses » par l’Irlande du Nord afin de contourner le problème, la situation reste dramatique pour l’avenir à court terme de leur profession.

D’autant qu’un autre danger les guette : le gouvernement britannique a en revanche profité du Brexit pour alléger la réglementation en matière d’usage des pesticides (est-ce une surprise ?), et ce n’est pas non plus une mince menace pour le devenir du monde apicole.

 

Ayant (enfin) pris conscience de la situation, ce sont maintenant les producteurs britanniques de fruits et légumes qui se font du souci pour leurs futures récoltes. Car, sans les abeilles pour polliniser…

 

La question est plus sérieuse qu’il n’y paraît, et elle est pourtant loin de faire la une des medias.

Les Britanniques, mais aussi les Européens vont rapidement faire la démonstration qu’il est plus facile de détruire que de construire, détruire l’Europe plutôt que la bâtir ; et que les visées nationalistes atteignent vite leurs limites.

 

L’abeille, heureuse de butiner la Primula di Palinuro, primevère endémique des côtes de Campanie et de Calabre, ou la Sassifraga des Berici, en Vénétie, le sera tout autant avec les roses et les jacinthes des bois de l’Angleterre. Preuve qu’elle sait bien mieux que nous se montrer bonne « Citoyenne du monde ».

Publié le 21/02/2021
Amarssir pour mieux atterrir ?

Quelle fantastique nouvelle, n’est-ce pas, cet « amarssissage » réussi du véhicule robotisé Perseverance sur la planète rouge !

Une prouesse technologique, c'est certain. Et, apparemment pour beaucoup, une considérable avancée dans le rêve qu’a l’homme de conquérir les étoiles pour, peut-être un jour, s’affranchir des barrières du temps et de l’espace !

 

Étant notoirement novice dans ce domaine de la conquête aérospatiale, je ne puis, moi aussi, qu’admirer la performance. Viser un point aussi éloigné avec autant de précision, programmer tellement de commandes sans commettre la moindre erreur, et « piloter » avec succès un pareil projet avec des équipes internationales… chapeau, pardon, casque bas !

 

Comme le précisait un commentateur sur le petit écran, balayant avec mépris l’objection du coût faramineux de cette mission : « C’est formidable de penser que, en rapportant les milliards investis à la population des pays ayant participé à ce travail, la dépense ne représente que quelques dizaines d’euros par personne. Et chacune de ces personnes a pourtant ainsi contribué à un des plus grands progrès scientifiques du siècle ».

 

Une analyse remarquable, à n'en pas douter. Ne devrait-on pas, d’ailleurs, la développer davantage ? Cette prouesse technologique, dont les medias nous rebattent les oreilles, doit ABSOLUMENT nous remplir d’espoir !

 

En effet, imaginez un peu que, en utilisant ces mêmes performances techniques, managériales, et avec les mêmes volumes budgétaires, on soit un jour capable de fabriquer suffisamment de masques pour protéger la population contre les épidémies ! Et, cerise sur le cadeau, que l’on invente des masques qui ne fassent pas de buée ou qui permettent aux malentendants de lire sur la bouche de leurs interlocuteurs ? Que l’on puisse recruter et former du personnel médical, fabriquer davantage de matériel et ouvrir plus de lits dans les hôpitaux ? Qui sait, nous pourrions même, avec un peu de chance, être capables de fabriquer des vaccins efficaces, accessibles à tous et à très bas prix ?

Ces nouvelles technologies nous permettront sûrement, un jour lointain, d’offrir des transports publics gratuits, de supprimer tout le plastique sur terre, de doter les malvoyants d’aides visuelles efficaces, de concevoir des appareils auditifs qui ne coûtent pas une fortune… Quelques dizaines d’euros par habitant, à l’échelle de la planète, pourraient même sauver des millions d’individus de la pauvreté, de la faim et de la soif. Mais, halte-là, ne nous aventurons pas trop loin dans cet univers digne de la science-fiction.

 

Et n’entrons pas non plus dans le jeu de ceux qui, voulant établir des priorités pour le bon usage de la science (au service de l'humanité), s'engagent sur la mauvaise voie.

 

Si l'on considère les dangers et inconvénients de la surpopulation sur Terre, à quoi bon vouloir sauver des vies ? Ne serait-ce pas improductif ? De grands visionnaires et bienfaiteurs de l’humanité comme Elon Musk, Jeff Bezos, et tant d’autres milliardaires qui dépensent sans compter pour que le progrès "soit utile et profite à tous" –, n’en sont déjà plus à vouloir vérifier s’il y a, ou s’il y a eu, de la vie sur Mars ou sur les autres étoiles de notre galaxie. Pour eux, il s’agit bien de préparer leur colonisation, voire leur « terraformation » afin de non seulement en exploiter les ressources (supposées infinies !) mais aussi permettre à des humains d’y vivre, dans le cas (désormais plus que probable) où les dommages que nous créons à la terre deviendraient irréversibles !

 

Alors oui, réjouissons-nous que quelques rares grands esprits pensent à notre place (et investissent pour nous "quelques dizaines d'euros").

Qu'on se le dise : en nous envoyant sur Mars, même par robots interposés, ils ne font que nous aider à ne pas rester trop… terre à terre !

 

Publié le 19/02/2021
Il fallait s’y attendre, et Facebook l’a fait !

Comme je le craignais dans ma chronique du 21-01 dernier (Bras de fer Australie- Amérique), la « guerre » entre Facebook et le gouvernement australien est maintenant "officiellement" déclarée.

 

Devant la fermeture de nombreux medias et la mise au chômage de centaines de journalistes, faute de rentrées publicitaires, l’Australie avait décidé de réagir en promulguant une loi qui obligerait les grosses plates-formes américaines comme Facebook ou Google à dédommager les medias du pays dont elles utilisent les contenus d’information.

À titre d’exemple, Google capture un peu plus de la moitié des dépenses publicitaires du pays et Facebook près de 30%.

 

Ces géants du Net, et en particulier le réseau social dirigé par Mark Zuckerberg, avaient répondu par des menaces de rétorsion à peine voilées au cas où le projet de loi serait adopté. Or, la Chambre des Représentants a désormais donné son accord, et il reste à connaître la décision du Sénat.

 

La riposte de Facebook n’a pas été longue : en une nuit, des milliers d’internautes australiens n’avaient plus accès, via le réseau social, aux infos nationales ou internationales !

 

Les réactions en retour de la part de plusieurs officiels australiens traduisent une évidente colère. Ils jugent inadmissibles que des sociétés puissent ainsi nuire à l’économie en général et au monde numérique en particulier d’un pays, et tout faire pour s’attribuer ainsi une position dominante, quel qu’en soit le coût pour les autres acteurs.

Le ministre des Finances australien avait pourtant eu un entretien qu’il jugeait encourageant avec M. Zuckerberg, très peu de temps avant cette action surprise de Facebook !?

Dans une chronique précédente j’évoquais également l’incroyable cynisme à l’œuvre dans certains milieux d’affaire. Facebook ne déroge pas à la règle en affirmant que « les liens et sites affectés par inadvertance » du fait de cette interruption, seraient très prochainement rétablis (Sic !). Mieux, certains observateurs ont pointé du doigt le fait que les liens avec des sites d’urgences dédiés aux risques climatiques ou à la crise sanitaire avaient été brutalement coupés par Facebook, alors que ceux de plusieurs sites complotistes et/ou diffuseurs de fake news avaient pu poursuivre tranquillement leur activité !

 

La question qui est maintenant sur toutes les lèvres porte sur la prochaine réaction de Facebook dans le cas où le Sénat australien s’accorderait avec l’avis de la Chambre des Représentants !

 

De leur côté, les GAFAM, Facebook en tête, doivent s’interroger sur la réaction potentielle d’autres pays qui pourraient être tentés de suivre l’exemple de l’Australie, au cas où celle-ci déciderait de ne pas céder devant la pression de ces géants du numérique tellement décidés à devenir les nouveaux maîtres du monde.

 

Publié le 18/02/2021
Joyeux Nouvel An

Nongli Xinnian (农历新年)

ou… Fête du Nouvel an, est une fête essentielle du calendrier asiatique, aussi appelée Fête du Printemps (春节). Il est malvenu en revanche de l’appeler « Nouvel an chinois », puisque la Chine est loin d’être le seul pays d’Asie à la fêter.

 

Il s’agit en tout cas d’une grande célébration et l’occasion pour tous de se retrouver en famille, même s’il faut pour cela parcourir des milliers de kilomètres.

 

Demain, vendredi 12 février 2021, débutera l'année du Buffle de métal. Elle se terminera le lundi 31 janvier 2022.

 

Petite anecdote à ce sujet : il est possible qu’à l’occasion de ce nouvel an, mondialisation oblige, de nombreux français dégustent un peu de cuisine asiatique, et que de l’autre côté de la planète, surtout dans les grandes villes, soient consommés de délicieux croissants.

Or, « croissant », en chinois, se dit Niújiǎo mianbāo (牛角面包) « Petit pain en forme de corne de buffle » !

 

D’où l’illustration que j’ai choisie pour composer cette carte de Nouvel an, à laquelle je joins, à votre intention, tous mes vœux de Bonheur et de Prospérité.

Publié le 11/02/2021

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